samedi 18 novembre 2017

Bilan général et perspectives

Voici venu le temps de clôturer cette aventure.

Comme toujours, la retombée dans le monde réel est difficile. Difficulté à retrouver un rythme, une place dans le monde. Alors que la place du voyageur est partout et nulle part, celle du citoyen est assignée, attendue, et il faut toujours faire un compromis entre les attentes extérieures et les siennes propres. Faire un pas de côté pour se sentir à sa vraie place.

Ce défi d'endurance et de "grimpe" était ambitieux. Ma préparation sommaire a vite montré ses limites. Mais elle m'a obligée à ralentir, à voir le monde, à échanger, à perdre du temps pour mieux gagner en vision, écoute et qualité d'échange.

Mon pari se transforme donc finalement en une double aventure, celle des plaines et celle des montagnes. Oui ! Je repars à l'assaut des contours de la France dès le mois de juin, munie de mes 3 porteurs : Joëlle pour les Alpes, et le couple Claude et Martine pour les Pyrénées. Munie également d'un vélo plus léger (encore à trouver) qui m'emmènera jusqu'aux cimes. Pour être au top de la préparation, je dois encore me procurer un home trainer, providence du sportif rétif à la pluie.

Dès le mois de janvier naîtra un nouveau blog. Il s'appellera "Des ailes ! L'ivresse de la sirène", un nom dont je vous conterai l'étonnante gestation. Sirène je suis, sirène je resterai, mais je deviendrai Sirène des cimes, un nom qui devrait me porter aux sommets sans difficulté. Valentin quant à lui restera mon brave compagnon de route au quotidien, que j'aurai toujours plaisir à retrouver dans la vie dite normale.

Je vous donne donc rendez-vous en janvier. On ne se quitte pas ! J'aurai besoin de votre soutien, plus que jamais !




mardi 31 octobre 2017

Et la santé, ça va ?

Le temps d'atterrissage dans la vie réelle est de plus en plus long. En attendant la construction de mon futur appartement, j'en suis au dixième point de chute depuis mon retour, c'est peut-être ça l'explication. Merci à tous mes généreux logeurs, famille et amis !

Bilan santé

Perte de poids : 3,2 kg pour 3200 km, soit 1 kg par 1000 km. Pas énorme pour autant d'efforts, me direz-vous, mais il ne faut pas oublier que la fonte de la graisse s'accompagne de production de muscle, plus lourd.

Comme d'habitude, j'ai établi avec l'aide de mon généraliste une comparaison entre l'analyse de sang d'avant et celle d'après. Observation : tous les taux sont légèrement améliorés (glycémie) voire fortement améliorés (acide urique : avis aux détracteurs de la bière quotidienne !), sauf le mauvais cholestérol qui a très légèrement augmenté (les frites ? les pizzas ? le comté ?) mais reste très acceptable.

Conclusion : faites du sport et vous ne souffrirez d'aucune maladie de civilisation !

Le manque de sommeil est peut-être ce dont j'ai le plus de mal à me remettre. Dormir dans un lit et un environnement différents tous les jours, puis toutes les semaines, une machine PPC de voyage plus bruyante, la surexcitation électronique du blog et des commentaires, tout cela n'aide pas à dormir profondément. Le remède ? Du repos, de la mélatonine pour remettre la pendule biologique à l'heure, du magnésium, de la vitamine D, et surtout, surtout un coucher à des heures de gallinacé. Voilà qui vous requinque une femme.

J'allais oublier : certains ont mis en doute le contenu de mes bidons, mais je confirme, la main sur le coeur, ils n'ont contenu que de l'eau. En revanche, je recommande le complément alimentaire nommé BION 3 Energie Continue (contenant notamment vitamine C, zinc, fer). Il m'a bien aidée l'après-midi, quand la torpeur gagne, à surmonter le petit coup de barre digestif.

Ne pas oublier non plus d'enfourcher Valentin à la première occasion. La petite route qui mène à la plage est un enchantement. Montées, descentes, virages dans un environnement de forêts, sans circulation (hors saison), c'est l'entraînement parfait par beau temps.

Dans un prochain article, je vous parlerai de l'entraînement par mauvais temps.


lundi 4 septembre 2017

Palmarès des rencontres

Les rencontres. Bien plus que la performance, c'est ce qui donne un sens à l'aventure. Laisser "advenir" les choses et les gens, rester ouvert, prendre le temps, regarder vraiment, absorber de tous ses sens ce monde toujours nouveau. Savoir changer ses plans, quitter ses habitudes, ses personnages. Se mettre à nu pour échanger "vrai".

J'ai eu beaucoup de chance cette fois-ci, peut-être aussi que j'apprends le métier  de vagabond.

Il y a eu Puyravault (Charente Maritime), chambre d'hôtes de rêve alliant confort et accueil, autour d'un vin maison qui savait si bien délier les langues ! En quelques instants, nous nous sommes livrés comme de vieux amis, nous étions juste bien dans l'instant et dans le lieu. Arrimés au présent et échangeant nos rêves.

Quelques jours après, à Landevant (Bretagne), je me suis retrouvée adoptée par "La Bonne Étoile", la chambre d'hôtes de Patricia et sa mère Rachel. J'étais comme la deuxième fille de la famille, celle qui revient au nid après des années de voyages et qu'on interroge avidement. Ajouté à la pizzeria bon enfant et à la joyeuse cave, ma soirée a fait le plein d'humanité régénérante.

Puis Douarnenez où Lauriane et Serge ont partagé leur passion voyages/vélo, tout en m'apprenant, entre bière et frites, que mon vélo était destiné de toute éternité à s'appeler Valentin, "pour favoriser les rencontres". Valentin, Valentin, comment ne t'avais-je pas reconnu ? Tu as pris ta mission très au sérieux, car quelques jours après...

Saint Floxel, le Nombril du Monde. Tout est parti de la chambre d'hôtes "Les Clématites du Cotentin"où officient Daniel et Patricia, hôtes comme en rêvent tous les voyageurs. De fil en aiguille, je me suis retrouvée grâce à eux nantie d'une nouvelle batterie externe, et surtout de deux nouveaux amis, François et Charlemagne.

L'histoire aurait pu s'arrêter là. Je n'imaginais pas chez Charlemagne un tel appétit de découvertes, un tel besoin de maintenir le fil. Il m'a accompagnée, encouragée, soutenue tout au long  du parcours. Sans lui, j'aurais bien souvent perdu courage et envie. Ses commentaires flamboyants, sensibles, attentifs, hilarants m'ont maintenu la tête hors de l'eau (de pluie). Il m'a fait comprendre l'importance des rencontres​, de l'amitié entres passionnés de voyages. Il a maintenu le lien entre les "Bas-Normands" et moi, jusqu'à organiser une randonnée commune autour de la Manche pour 2018. Il restera pour moi le symbole inégalé de ce voyage.

Dans les Vosges, la pluie m'a surprise chez François Xavier et Marco, 2 artistes amoureux des animaux, rois légitimes de la maison. Les 3 chiens et 8 chats avaient chacun leur personnalité attachante, ils étaient les véritables enfants, chahuteurs et tendres, rendant au centuple l'amour que leur portaient leurs maîtres. Une belle leçon de vie !

Vive les rencontres ! Vive la vie "on the road" !

samedi 2 septembre 2017

Petit palmarès personnel des lieux traversés


Premier émoi : Douarnenez, pour sa lumière très particulière, même par temps pluvieux, pour son animation, son relief (à pied), son port. C'est là que Valentin a été baptisé par Lauriane.

Les caps Gris-Nez et Blanc-Nez : et pourtant, c'était par une journée de pluie pénétrante. Mais la luminosité laissait voir la mer, les contours de la côte, reliefs et épaulements. J'étais dans la carte Vidal-Lablache de mon enfance.

Les "crêtes ardennaises" : intense jouissance cyclistique de pouvoir monter des côtes avec l'élan de la descente, aidée de quelques coups de pédale bien ajustés. On se sent un vrai champion.

Kaysersberg : encore dans la déception des Vosges, je suis entrée par surprise dans cette petite ville de livre d'images, posée là comme pour me consoler. Elle est presque trop belle pour être vraie.

Et bien sûr, le Doubs et la Petite Montagne du Jura. J'en ai déjà beaucoup parlé, mais il faut le redire : ces paysages sont un enchantement pour les yeux, les oreilles, le nez et les mollets (sans parler de l'âme). Ils m'ont lavée de toutes les souffrances et frustrations du voyage et ont mis à celui-ci un point final parfait.

mercredi 30 août 2017

Des solutions pour vaincre les cols

     J'ai abandonné les Alpes et les Pyrénées à contre-coeur, parce que je sentais que, dans les mêmes conditions que durant la première partie, la douleur dépasserait trop le plaisir. Or, il est important que le voyage reste un plaisir. Et j'avais de très bons souvenirs des petits cols que je franchissais, sans douleur excessive, avec un vélo mi-course, quand j'habitais en Haute-Savoie dans une autre vie.

     En me basant sur l'analyse précédente, je vois 4 améliorations possibles pour adapter le parcours restant à mes capacités :

1. M'entraîner toute l'année avec un vélo d'appartement.

2. Choisir le mois de juin par exemple pour faire le parcours. Facile. Moins de circulation et plus d'hôtels et chambres d'hôtes.

3. Me procurer un vélo course ou mi-course d'occasion, abordable et à ma taille, autour de 9 kg accessoires compris. Possible en me séparant de Valentin.

4. Organiser le portage de mes mini-bagages d'une étape à l'autre (comme le vrai tour de France). Cela suppose de m'acoquiner avec une agence de voyage et de prévoir toutes les étapes et hébergements à l'avance. Plus de travail de préparation, mais moins de soucis pendant le voyage.

     Je suis ouverte à toutes les suggestions que vous pourrez me faire en commentaire ! Vous connaissez peut-être quelqu'un qui veut se séparer de son vélo de course... Ou une amie qui aimerait faire de l'itinérance voiture dans les Alpes ou les Pyrénées en partageant ma chambre d'hôtel ? Ou...


mardi 29 août 2017

Une journée-type

Je suis sûre que ces petites pastilles quotidiennes vous laissaient sur votre faim, en ce qui concerne les détails de la journée d'une cycliste au long cours.

Après un temps d'adaptation, voici à quoi elle ressemblait :

7h15 : réveil au son d'une cascade musicale (qui devient vite énervante).

7h30 : petit-déjeuner pantagruélique et prolongé. Permet l'ouverture des yeux.

8h : rassemblement du paquetage sur le bord du lit : vêtements dans des sacs zippés IKEA (qui ont résisté 2 mois, je les recommande), cartes papier dans un autre sac IKEA, petit matériel électronique dans le casque utilisé comme un panier, trousse de toilette, pochette ventrale autour du ventre, PPC,  etc. On apprend vite à transporter le tout en un seul voyage sans en semer la moitié en route.

8h30 : répartition du paquetage dans les 6 bagages "Bikepacking". Compter une demi-heure ou plus, selon s'il pleut ou non. Remplissage des gourdes. Mise en place de la carte du jour dans sa pochette plastique. Mise en place du téléphone et de la batterie externe dans une pochette plastique.

9h : recherche de l'itinéraire du jour sur Google Maps, mise en place des écouteurs, puis du casque (empêche les écouteurs de tomber dans les rayons, en plus de protéger le cerveau). Pourquoi des écouteurs ? Parce que c'est la seule façon d'entendre les ordres de la dame du GPS dans la circulation.

9h15 : départ. Déterminer où est la direction nord-est par temps pluvieux, ou alors l'avenue du Gal de Gaulle sans plaques de rues. Retourner le GPS dans tous les sens pour lui faire rendre gorge. Partir à droite et comprendre que la dame n'est pas contente. Partir alors à gauche et comprendre que la dame s'apprêtait à vous faire faire un détour d'un km pour vous faire retrouver le bon chemin. Demander son chemin à un piéton.

9h30 : Une fois sur le bon chemin, rouler aussi vite que possible pour rattraper le temps perdu. Par temps sec, jusqu'à midi, par temps humide jusqu'à 11h pour un chocolat chaud aux gouttes aux essences (pour le rhume).

12h : arrêt plat chaud ou sandwich selon les occasions. S'interdire de commander une pression.

13h : reprise du combat. S'il fait très chaud, arrêt Coca pour un sursaut d'énergie.

17h : l'hôtel approche. Redoubler d'attention et vérifier que la dame du GPS n'a pas prévu quelques petits détours supplémentaires au centre ville.

18h : "Votre destination est à 200m sur la droite". Un rêve éveillé ? Non, l'hôtel finit toujours par se concrétiser, avec un petit goût de bière dans la bouche.

18h15 : Valentin est à l'abri dans son garage. Monter dans la chambre, se jeter sur le lit, allumer la télé, regarder n'importe quoi en sirotant.

18h45 : se traîner à la salle de bains, laver la tenue du jour au gel-douche, la mettre à égoutter, se doucher, tordre la petite lessive dans une serviette et l'étendre dans un courant d'air. Mettre la tenue de soirée et les tongs. Mettre en charge la batterie.

19h30 : descendre dîner. Pendant le dîner, étudier l'itinéraire du lendemain à l'aide d'une carte papier et du GPS pour le dénivelé. Vérifier que la carte est bien à l'endroit. Selon le but qu'on pense atteindre, chercher un hôtel ou une chambre d'hôtes. Constater qu'il n'y en a pas. Si la bière a été bonne, décider de rallonger  l'étape, sinon la raccourcir. Réserver la chambre sur Booking
com en vérifiant que vous êtes bien 1 personne et 1 chambre et que c'est bien pour le lendemain. Avec tout ça, il est :

21h00 : Lire les commentaires du blog, se marrer, retrouver goût à la vie, leur répondre. Vos amis attendent la petite narration quotidienne. Il faut remettre tout ça en forme, donner le meilleur de soi-même, faire une peinture où tout est vrai, mais en plus beau, ou plus horrible selon le moral, se requinquer en écrivant, s'écrouler dans le lit sans rêves jusqu'à 7h15...

lundi 28 août 2017

Premier bilan

28 août - Dans le train du retour
Quelle épopée ! J'étais partie pour accomplir un exploit sportif et je reviens avec un parcours inachevé (3200 km au compteur), mais tellement riche !

Le grand point positif de ce voyage aura été un hébergement confortable garanti chaque soir, grâce à Resmed, Alliance Apnées du Sommeil et SAS 40. Incomparable par rapport au camping, quand on considère le poids du matériel et le nombre de jours de pluie que j'ai dû endurer.

Les points à améliorer :

D'abord, je manquais d'entraînement. Vente de maison, vide-maison, déménagement, formalités diverses ne font pas bon ménage avec un entraînement sérieux. J'arrivais à m'entraîner sur une quarantaine de km 2 ou 3 fois par semaine, ce qui n'a rien à voir avec 80 km TOUS LES JOURS.

Ensuite, Valentin était trop lourd dans les côtes. 11 kg tout nu, plus tous les accessoires et bagages, et l'eau : poids estimé 20 kg. C'est beaucoup plus léger que mon précédent vélo avec remorque, mais trop lourd pour un tel défi.

Il était également trop petit pour moi. Un mauvais point pour le vendeur GIANT de Dax, qui a insisté pour me vendre un vélo Femme Small,  alors que la plus grande taille Femme aurait été mieux adaptée. J'avais les genoux dans les bidons, le haut du corps pas assez déployé,  et donc moins de force dans le coup de pédale.

De plus, les nombreuses routes à grande circulation enlèvent tout charme à ce parcours. On se sent traqué, les oreilles brisées menu par ce fracas incessant, qu'on n'imagine pas quand on est bien à l'abri dans une voiture. On n'a qu'une idée : arriver, pour en finir avec cette torture.

Et enfin, la saison des vacances d'été était mal choisie : hôtels complets dans les Vosges, circulation de motos et de voitures incroyable et beaucoup de commerces fermés (cafés, restaurants, alimentation). Tout ça pour avoir finalement un parcours majoritairement pluvieux et froid ! Bon, j'ai quand même échappé à la canicule, ce qui n'est pas négligeable par les temps qui courent...

À bientôt pour la suite des bilans et les idées qui me sont venues pour vaincre les cols !

samedi 26 août 2017

Un regard sur l'apnée du sommeil

J'ai beaucoup aimé cette installation artistique sur le thème de l'apnée du sommeil chez Resmed !

vendredi 25 août 2017

Retour à Lyon

24 août - Ste Croix - Lyon

Quel accueil ! J'ai essuyé un gros orage à l'entrée de Lyon et j'arrive comme un chien mouillé à Saint-Priest.

Et c'est là que l'efficacité des "Resmed" entre en jeu : en moins de 3h, j'ai droit à une douche, un buffet avec toute l'équipe, un billet de train pour rentrer à Léon (merci Florence !),  une valise pour emporter mes bagages, l'organisation du retour de Valentin à Bordeaux en octobre et un taxi pour Lyon !  Avec en prime un petit mot de tout le monde dans mon carnet de route !

Pendant le buffet, les questions fusent. Une jeune Belge nommée Ludwina vient s'asseoir à côté de moi et attaque de front avec une proposition de circuit des abbayes à vélo. Entendons-nous bien, les abbayes qui produisent de la bière. J'adhère !

J'arrive chez Béatrice toute sonnée et soulagée. La tension du voyage s'apaise peu à peu. Une longue soirée-confidences  chez Mary-Chantal, qui habite le même immeuble, et je suis prête pour un sommeil de béton, le premier depuis bien longtemps.

Le blog ne s'arrête pas là ! Il y aura encore quelques bilans pour ne pas se quitter trop abruptement et se réhabituer à la vie dite normale.

Valentin, ma moitié, je ne t'ai pas oublié ! Tu vas te reposer bien à l'abri dans ton local et tu seras à nouveau sous les feux de la rampe à Bordeaux en octobre (JPRS). Gros bisous de ta cavalière qui réapprend à marcher seule sur le plancher des vaches...

En photo : Delphine et Christophe, mes partenaires chez Resmed.

mercredi 23 août 2017

Ça sent l'écurie !

23 août - Jasseron - Ste Croix (Ain)

Routes plates et ennuyeuses, par forte chaleur. Je suis contente d'arriver "Chez Nous". C'est un curieux attelage d'hôtel 2 étoiles un peu vieillot et de restaurant gastronomique, où je me fourvoie avec bonheur. Pas de scrupule, puisque je n'ai mangé qu'un sandwich depuis ce matin. Ils ont un sabayon aux fruits rouges à tomber à la renverse. Avis aux Lyonnais !

La surprise du jour, c'est un coup de fil de Christophe Joigneau, de RESMED. Toute l'équipe de Lyon a suivi de près mon équipée, plantant des drapeaux sur la carte de France au fur et à mesure de mes victoires. Je suis le Napoléon du vélo.

Ils ont bien repéré que j'arrive à Lyon demain et m'attendent de pied ferme à Saint Priest. Christophe propose même de me trouver le train idéal qui acceptera mon meilleur ami Valentin pour Bordeaux, sans passer par Paris, un défi ! Je vous en prie, Christophe, faites donc, car sans mon ordi, je ne suis rien !

En photo : l'équipe RESMED de Lyon.
Bon, je l'ajouterai demain avec des pros. Pas si facile avec un Wiko...

Atterrissage

22 août - Chavagna - Jasseron

Les journées à Chavagna ont passé comme en rêve. Thierry ne se donne aucune contrainte, chacun vaque selon ses désirs. Cueillette de haricots, effeuillage des tomates, arrosage à l'arrosoir, brossage de Pépère le chat, confection de repas de légumes, bavardages joyeux et bienveillants avec les voisins... Je renoue en douceur avec une civilisation sereine et enjouée.

Mais la ville m'appelle. De Lyon je pourrai sûrement rentrer dans les Landes avec Valentin. Cap à l'ouest ! Thierry m'accompagne jusqu'à la ligne haute tension, qui semble être sa barrière psychologique, après m'avoir détaillé amoureusement tout le parcours qui m'attend et qu'il connait par cœur.

Ce qui m'attend, c'est un paysage d'avant la Chute : des petites routes sans voitures et serpentant dans la fraîcheur des forêts et l'air galvanisant des haiuteurs. Mais elles redescendent inéluctablement dans la vallée, après avoir traversé - première fausse note - des nuages de pyrales, ces petits papillons venus d'Asie par Easyjet déterminés à boulotter tous les buis d'Europe. Or, il y a encore des artisans qui travaillent le buis dans le Jura et les Jurassiens sont consternés par le phénomène.

Ensuite, c'est le retour à la réalité. Routes larges et plates appartenant aux voitures, hôtel de bord d'autoroute avec nourriture d'avion et poisson reconstitué, personnel indifférent. Le choc est rude (mais le lit est bon).

En chemin, j'ai rencontré une estvante captivée par mon entreprise. Ses yeux avaient l'éclat caractéristique de celle qui va succomber aux sirènes, alors je me suis éclipsée avant sa contamination...

mardi 22 août 2017

Sirène sur le retour

Les plus affûtés d'entre vous auront remarqué que nous chevauchons maintenant vers l'ouest, Valentin et moi. Oui, nous allons à Lyon au lieu d'aller vers les Alpes. À la recherche d'un train ou d'un bus qui nous prendrait tous les deux vers les Landes retrouver Valentine (la Ford)

Sans vouloir te vexer, Valentin, parce que tu es un courageux destrier, tu es trop lourd et trop chargé pour te lancer là-dedans. On a bien progressé dans nos performances en traversant le Jura, mais il ne reste plus assez de temps.

J'espère que tu n'es pas trop déçu. On a bien souffert, bien ri aussi, nos cœurs se sont émus ensemble, on a découvert plein de choses et de gens. Toutes ces aventures nous ont rapprochés.

Alors j'ai envie de te faire un cadeau, un cadeau qui te donne envie de te dépasser, de t'envoler vers tes rêves les plus fous... Allez, rien que pour toi, mon Valentin !

dimanche 20 août 2017

O mon païs !

18 août - Malbuisson - St Laurent en Grandvaux

La route d'aujourd'hui passe par Mouthe, à qui on fait une réputation injuste de ville la plus glaciale de France. J'apprends que c'est seulement l'humidité qui fait descendre le thermomètre certaines heures de la nuit, mais que le reste du temps, la ville est tout à fait riante. Et en effet, c'est jour de marché, tout le monde s'active sous un joyeux soleil. Il fait 28° à 10h du matin, l'Office de tourisme est ouvert, qui ne souhaiterait habiter ici ?

La route monte toujours, mais nous avons décidé, Valentin et moi, de ne pas nous attendrir sur nous-mêmes et de ne relâcher l'effort que pour boire. Comment ? Valentin boit ?   Oui, il boit ma sueur, pleine de sels minéraux intéressants pour le sport. Au bout d'une heure ou deux, nous sommes pris de l'ivresse de l'altitude, nous nous stimulons mutuellement et nous arrivons en haut tout épatés sans avoir mis pied à terre. Il était temps de devenir des pro.

Il faut dire que le paysage est une carte postale et qu'il n'y a quasiment pas de voiture. Nous traversons plusieurs fois la Sayne. C'est beau. Mon amie Marie-Rose* m'attend à Saint Laurent. Nous chargeons Valentin sur sa voiture. Il était temps : le déluge prévu nous rattrape, trombes, fleuves, éclairs. La voiture est une belle invention dans ces situations.

* Marie-Rose, amie d'internat, de bagne devrais-je dire, a aussi participé à l'épopée "Sirène du Danube". Ça vous soude une équipe.

Le bout du bout du Jura

20 août - Onoz - Chavagna

Avant de quitter Marie-Rose, il nous faut une photo pour immortaliser l'instant. Nous allons donc chez ses voisins Chantal et Robert nous faire tirer le portrait. De question en question, toute ma brève carrière de cycliste est passée en revue. Les yeux de Chantal s'écarquillent, sa bouche s'arrondit. Ça y est, c'est le syndrome de Saint-Floxel, je répands la contamination partout où je passe. Chantal est prête pour un tour de Bourgogne à 3 en 3 jours. Yes !

Me voilà repartie pour une petite étape en direction de Thierry, mon jumeau, exilé volontaire sur les hauteurs de la Petite Montagne, dans un hameau ignoré de tous, heureux comme un roi avec son potager, France Musique/Culture, une solitude choisie et le voisinage de centaines de vaches à cloche. J'ai appris entre temps que les cloches d'un troupeau sont harmonisées
afin d'être agréables à l'oreille, C'est ce qui les rend si relaxantes, je suppose.

L'étape est de la même veine qu'hier. Seule sur les petites routes, je peux zigzaguer, rêver, chanter, pédaler sans effort, discuter avec Valentin. Le temps passe très vite, je ne pense même pas à m'arrêter dans les côtes. Je pédale pour l'éternité...

L'éternité attendra car Thierry a préparé des empanadas fourrées à sa façon : poulet, légumes de son jardin, épices, piment. Un régal !

vendredi 18 août 2017

Un vrai roman

Je mène une double vie.

Vous vous souvenez peut-être de ma rencontre dans la Manche avec François et Charlemagne, qui m'avaient remise sur le droit chemin des plages du débarquement (voir "Parenthèse bucolique" du 22 juillet).

Dès le lendemain,  Charlemagne postait un commentaire sur le blog (dont je ne me souvenais pas lui avoir donné l'adresse) et pour le remercier de son soutien, je lui ai envoyé une photo du voyage.

Et voici le message reçu en retour, in extenso :

Bonjour Chantal,

C'est un vrai grand plaisir pour moi que de recevoir ce petit témoignage de votre part.
Je le partagerai volontiers avec François, Daniel et Patricia.
Daniel et Patricia (chambre d'hôte de Saint Floxel) suivent désormais votre blog et l'apprécient beaucoup.

Il y a en partie derrière chacun de vos "Fans" des refoulés du voyage, qui voudraient bien, mais qui n'ont pas et ne feront jamais le pas de fermer leur porte derrière eux et de s'abandonner à l'aventure. 
Quitter la chaleur et la sécurité de son foyer, pour partir et se dire qu'il y a forcément du bon dans ce que le hasard va mettre sur notre route.

C'est pour cela que je trouve votre aventure merveilleuse, votre courage dépasse de loin mon entendement et je suis ébloui par votre ténacité. 

Vous avez changé le cours de notre existence (si...si), car dorénavant avec François (qui n'a pas d'ordinateur, ni de smartphone), nous faisons salon, je fais la lecture du blog ensuite nous commentons la météo, les inconvénients de telle ou telle situation, en quelque sorte votre aventure alimente notre conversation de bistro... (sans bistro, et sans alcool, car c'est de café que nous étanchons notre débit de paroles).

Nous avons lu votre dernière impression "le morale qui baisse et le froid et l'humidité"... Nous sommes de tout cœur avec vous, et serions si heureux de vous être d'un quelconque soutien.

Chaque jour qui passe, chaque étape franchie force notre respect, hisse chaque jour votre image dans notre livre des records du courage, de l’abnégation (hormis la petite bière du jour), du dépassement de soi.

Ainsi Chantal vous avez semé a Saint Floxel, une graine qui deviendra nous l'espérons une fraternité d'aventuriers amateurs.

En attendant cela, j'ai suivi votre conseil, et me suis procuré le livre des "Copains" ainsi que le film "les Copains de Yves Robert en 1965", avec en toile de fond la chanson de Georges Brassens "les copains d'abord".

Et oui, cet univers, me plaît, moi qui suis un fan des Monty Pythons, un adepte de Boris Vian, et des Pataphysiciens. Tout ce qui relativise la vie, qui la rend plus légère, moins réelle, moins cruelle, a sur moi l'effet d'une bonne bière bien méritée a l'étape du soir.

Chantal nous renouvelons notre amicale embrassade de la semaine passée.

Charlemagne"

Imaginez recevoir une telle lettre au terme d'une horrible journée de pluie avec un vélo sans frein ! J'étais bouleversée.

Une fraternité était née - Les Copains, qui a débouché sur un projet de voyage à vélo entre les 4 protagonistes de départ. Charlemagne au verbe fleuri l'a baptisé PRIAM (Petit Rallye Initiatique Autour de la Manche). Nous sommes en train de le mettre au point pour septembre 2018, avec Charlemagne comme grand coordonnateur (il refuse le titre de chef).

Saint Floxel est la plus belle aventure de ce voyage. Si j'avais le talent, j'en ferais un livre dans le genre du "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates".

Sur la photo, de gauche à droite : François, Daniel,. Charlemagne, Patricia.

Franch' County

Petit intermède lacustre

17 août au soir - Malbuisson

Malbuisson est la Riviera comtoise. Un lac bleu été, quelques hôtels chic, des habitués qui déambulent, une activité incessante. Ce matin, le patron des Montagnards m'a mise en garde dans un grand rire : "Ne vous baignez pas dans le lac, ils ont pêché hier un brochet de 1,30m, c'est les Dents de la mer,  hahaha !"

J'ai dégoté une chambre de bonne dans un 3 étoiles, et c'est là que des tréfonds de ma torpeur, une voix familière à l'accent de l'Aude surgit dans mon téléphone. Jacqueline !

Jacqueline, c'est l'ex-nounou de Noémie au temps de la Haute-Savoie. Elle et son mari Jean-Pierre sillonnent la France en camping-car et voilà qu'ils m'ont repérée juste à temps dans mon cheminement !

On part tous en voiture (vous savez, ces véhicules à 4 roues qui roulent tout seuls)   faire un dîner de poisson au bord du lac. Une joyeuse soirée sans souci à refaire le monde et à séduire le patron. Il m'appelle Chantal, donc je l'appelle Almir, et pour finir, il me fait un massage de la nuque de ses grandes mains chaudes. Rrrraaa ! Tout le monde est jaloux...

À gauche, Jean-Pierre et Jacqueline, à droite,  Jacques et Marie-Christine.

jeudi 17 août 2017

Total Franche-Comté

17 août - Morteau - Malbuisson

Aujourd'hui, pour rejoindre Pontarlier, il y a une route parallèle à la départementale de la mort. C'est la route des Gras. Comment, vous ne connaissez pas Les Gras ? La Madeleine Proust ? Cette vieille Comtoise qui soliloque toute la journée dans sa cuisine en disant des vérités premières. "Quand on voit c'qu'on voit, pis qu'on entend c'qu'on entend, on s'dit qu'y vaut mieux penser c'qu'on pense et pis rien dire".

Bon, il faut l'avouer, Les Gras est un village sans grâce et sans caractère mais après une rude montée, on se retrouve dans les "alpages", et là, c'est l'Eden. Je pense que Dieu a créé le Jura le dimanche, parce qu'il s'ennuyait pendant son jour de repos et qu'il voulait mettre une touche finale parfaite à son monde. Des prés vert printemps parfaitement fauchés, au fond, des sapins, au premier plan, des vaches sonnantes, une petite route qui serpente à l'infini au milieu des collines ondulantes, une maison rustique par-ci par-là. Rien qui offense l'oeil, que de la beauté, du silence et de l'air pur. On n'est pas bien, là ?

Une saucisse en guise de carotte

16 août - Pont de Roide - Morteau
Il fallait bien la perspective d'une saucisse de Morteau pour ne pas se laisser aller au désespoir sur cette étape.
Au début, tout se passe bien. Des descentes succèdent harmonieusement aux montées, il fait beau et frais, la vie est belle. Et soudain, à St Hippolyte, l'horreur. Vous pouvez vérifier le trajet en coupe sur Google Maps. 8 km de montée raide ininterrompue, en plein soleil et au milieu des voitures et camions en folie. Mes chaussures étant mouillées et pas du tout conçues pour la marche, voir ci-dessous l'état de mes pieds. Je claudique comme un pèlerin débutant. Et je ne vous dis pas l'état de mon postérieur, rougi et enflé par les frottements humides. Une misère.
On arrive à Morteau par une descente vertigineuse à l'hôtel des Montagnards, où l'accueil bon enfant vous fait oublier tous vos tracas. J'empapillotte chaque orteil blessé dans un pansement propre, me précipite à La Guimbarde, le bar branché du coin, puis dans un petit restau de cuisine locale, où je me fais servir une saucisse de Morteau à la cancoillotte avec des pommes de terre sautées. AAAaaaaaaahhhh ! Je me sens chez moi...