samedi 18 novembre 2017

Bilan général et perspectives

Voici venu le temps de clôturer cette aventure.

Comme toujours, la retombée dans le monde réel est difficile. Difficulté à retrouver un rythme, une place dans le monde. Alors que la place du voyageur est partout et nulle part, celle du citoyen est assignée, attendue, et il faut toujours faire un compromis entre les attentes extérieures et les siennes propres. Faire un pas de côté pour se sentir à sa vraie place.

Ce défi d'endurance et de "grimpe" était ambitieux. Ma préparation sommaire a vite montré ses limites. Mais elle m'a obligée à ralentir, à voir le monde, à échanger, à perdre du temps pour mieux gagner en vision, écoute et qualité d'échange.

Mon pari se transforme donc finalement en une double aventure, celle des plaines et celle des montagnes. Oui ! Je repars à l'assaut des contours de la France dès le mois de juin, munie de mes 3 porteurs : Joëlle pour les Alpes, et le couple Claude et Martine pour les Pyrénées. Munie également d'un vélo plus léger (encore à trouver) qui m'emmènera jusqu'aux cimes. Pour être au top de la préparation, je dois encore me procurer un home trainer, providence du sportif rétif à la pluie.

Dès le mois de janvier naîtra un nouveau blog. Il s'appellera "Des ailes ! L'ivresse de la sirène", un nom dont je vous conterai l'étonnante gestation. Sirène je suis, sirène je resterai, mais je deviendrai Sirène des cimes, un nom qui devrait me porter aux sommets sans difficulté. Valentin quant à lui restera mon brave compagnon de route au quotidien, que j'aurai toujours plaisir à retrouver dans la vie dite normale.

Je vous donne donc rendez-vous en janvier. On ne se quitte pas ! J'aurai besoin de votre soutien, plus que jamais !




mardi 31 octobre 2017

Et la santé, ça va ?

Le temps d'atterrissage dans la vie réelle est de plus en plus long. En attendant la construction de mon futur appartement, j'en suis au dixième point de chute depuis mon retour, c'est peut-être ça l'explication. Merci à tous mes généreux logeurs, famille et amis !

Bilan santé

Perte de poids : 3,2 kg pour 3200 km, soit 1 kg par 1000 km. Pas énorme pour autant d'efforts, me direz-vous, mais il ne faut pas oublier que la fonte de la graisse s'accompagne de production de muscle, plus lourd.

Comme d'habitude, j'ai établi avec l'aide de mon généraliste une comparaison entre l'analyse de sang d'avant et celle d'après. Observation : tous les taux sont légèrement améliorés (glycémie) voire fortement améliorés (acide urique : avis aux détracteurs de la bière quotidienne !), sauf le mauvais cholestérol qui a très légèrement augmenté (les frites ? les pizzas ? le comté ?) mais reste très acceptable.

Conclusion : faites du sport et vous ne souffrirez d'aucune maladie de civilisation !

Le manque de sommeil est peut-être ce dont j'ai le plus de mal à me remettre. Dormir dans un lit et un environnement différents tous les jours, puis toutes les semaines, une machine PPC de voyage plus bruyante, la surexcitation électronique du blog et des commentaires, tout cela n'aide pas à dormir profondément. Le remède ? Du repos, de la mélatonine pour remettre la pendule biologique à l'heure, du magnésium, de la vitamine D, et surtout, surtout un coucher à des heures de gallinacé. Voilà qui vous requinque une femme.

J'allais oublier : certains ont mis en doute le contenu de mes bidons, mais je confirme, la main sur le coeur, ils n'ont contenu que de l'eau. En revanche, je recommande le complément alimentaire nommé BION 3 Energie Continue (contenant notamment vitamine C, zinc, fer). Il m'a bien aidée l'après-midi, quand la torpeur gagne, à surmonter le petit coup de barre digestif.

Ne pas oublier non plus d'enfourcher Valentin à la première occasion. La petite route qui mène à la plage est un enchantement. Montées, descentes, virages dans un environnement de forêts, sans circulation (hors saison), c'est l'entraînement parfait par beau temps.

Dans un prochain article, je vous parlerai de l'entraînement par mauvais temps.


lundi 4 septembre 2017

Palmarès des rencontres

Les rencontres. Bien plus que la performance, c'est ce qui donne un sens à l'aventure. Laisser "advenir" les choses et les gens, rester ouvert, prendre le temps, regarder vraiment, absorber de tous ses sens ce monde toujours nouveau. Savoir changer ses plans, quitter ses habitudes, ses personnages. Se mettre à nu pour échanger "vrai".

J'ai eu beaucoup de chance cette fois-ci, peut-être aussi que j'apprends le métier  de vagabond.

Il y a eu Puyravault (Charente Maritime), chambre d'hôtes de rêve alliant confort et accueil, autour d'un vin maison qui savait si bien délier les langues ! En quelques instants, nous nous sommes livrés comme de vieux amis, nous étions juste bien dans l'instant et dans le lieu. Arrimés au présent et échangeant nos rêves.

Quelques jours après, à Landevant (Bretagne), je me suis retrouvée adoptée par "La Bonne Étoile", la chambre d'hôtes de Patricia et sa mère Rachel. J'étais comme la deuxième fille de la famille, celle qui revient au nid après des années de voyages et qu'on interroge avidement. Ajouté à la pizzeria bon enfant et à la joyeuse cave, ma soirée a fait le plein d'humanité régénérante.

Puis Douarnenez où Lauriane et Serge ont partagé leur passion voyages/vélo, tout en m'apprenant, entre bière et frites, que mon vélo était destiné de toute éternité à s'appeler Valentin, "pour favoriser les rencontres". Valentin, Valentin, comment ne t'avais-je pas reconnu ? Tu as pris ta mission très au sérieux, car quelques jours après...

Saint Floxel, le Nombril du Monde. Tout est parti de la chambre d'hôtes "Les Clématites du Cotentin"où officient Daniel et Patricia, hôtes comme en rêvent tous les voyageurs. De fil en aiguille, je me suis retrouvée grâce à eux nantie d'une nouvelle batterie externe, et surtout de deux nouveaux amis, François et Charlemagne.

L'histoire aurait pu s'arrêter là. Je n'imaginais pas chez Charlemagne un tel appétit de découvertes, un tel besoin de maintenir le fil. Il m'a accompagnée, encouragée, soutenue tout au long  du parcours. Sans lui, j'aurais bien souvent perdu courage et envie. Ses commentaires flamboyants, sensibles, attentifs, hilarants m'ont maintenu la tête hors de l'eau (de pluie). Il m'a fait comprendre l'importance des rencontres​, de l'amitié entres passionnés de voyages. Il a maintenu le lien entre les "Bas-Normands" et moi, jusqu'à organiser une randonnée commune autour de la Manche pour 2018. Il restera pour moi le symbole inégalé de ce voyage.

Dans les Vosges, la pluie m'a surprise chez François Xavier et Marco, 2 artistes amoureux des animaux, rois légitimes de la maison. Les 3 chiens et 8 chats avaient chacun leur personnalité attachante, ils étaient les véritables enfants, chahuteurs et tendres, rendant au centuple l'amour que leur portaient leurs maîtres. Une belle leçon de vie !

Vive les rencontres ! Vive la vie "on the road" !

samedi 2 septembre 2017

Petit palmarès personnel des lieux traversés


Premier émoi : Douarnenez, pour sa lumière très particulière, même par temps pluvieux, pour son animation, son relief (à pied), son port. C'est là que Valentin a été baptisé par Lauriane.

Les caps Gris-Nez et Blanc-Nez : et pourtant, c'était par une journée de pluie pénétrante. Mais la luminosité laissait voir la mer, les contours de la côte, reliefs et épaulements. J'étais dans la carte Vidal-Lablache de mon enfance.

Les "crêtes ardennaises" : intense jouissance cyclistique de pouvoir monter des côtes avec l'élan de la descente, aidée de quelques coups de pédale bien ajustés. On se sent un vrai champion.

Kaysersberg : encore dans la déception des Vosges, je suis entrée par surprise dans cette petite ville de livre d'images, posée là comme pour me consoler. Elle est presque trop belle pour être vraie.

Et bien sûr, le Doubs et la Petite Montagne du Jura. J'en ai déjà beaucoup parlé, mais il faut le redire : ces paysages sont un enchantement pour les yeux, les oreilles, le nez et les mollets (sans parler de l'âme). Ils m'ont lavée de toutes les souffrances et frustrations du voyage et ont mis à celui-ci un point final parfait.

mercredi 30 août 2017

Des solutions pour vaincre les cols

     J'ai abandonné les Alpes et les Pyrénées à contre-coeur, parce que je sentais que, dans les mêmes conditions que durant la première partie, la douleur dépasserait trop le plaisir. Or, il est important que le voyage reste un plaisir. Et j'avais de très bons souvenirs des petits cols que je franchissais, sans douleur excessive, avec un vélo mi-course, quand j'habitais en Haute-Savoie dans une autre vie.

     En me basant sur l'analyse précédente, je vois 4 améliorations possibles pour adapter le parcours restant à mes capacités :

1. M'entraîner toute l'année avec un vélo d'appartement.

2. Choisir le mois de juin par exemple pour faire le parcours. Facile. Moins de circulation et plus d'hôtels et chambres d'hôtes.

3. Me procurer un vélo course ou mi-course d'occasion, abordable et à ma taille, autour de 9 kg accessoires compris. Possible en me séparant de Valentin.

4. Organiser le portage de mes mini-bagages d'une étape à l'autre (comme le vrai tour de France). Cela suppose de m'acoquiner avec une agence de voyage et de prévoir toutes les étapes et hébergements à l'avance. Plus de travail de préparation, mais moins de soucis pendant le voyage.

     Je suis ouverte à toutes les suggestions que vous pourrez me faire en commentaire ! Vous connaissez peut-être quelqu'un qui veut se séparer de son vélo de course... Ou une amie qui aimerait faire de l'itinérance voiture dans les Alpes ou les Pyrénées en partageant ma chambre d'hôtel ? Ou...


mardi 29 août 2017

Une journée-type

Je suis sûre que ces petites pastilles quotidiennes vous laissaient sur votre faim, en ce qui concerne les détails de la journée d'une cycliste au long cours.

Après un temps d'adaptation, voici à quoi elle ressemblait :

7h15 : réveil au son d'une cascade musicale (qui devient vite énervante).

7h30 : petit-déjeuner pantagruélique et prolongé. Permet l'ouverture des yeux.

8h : rassemblement du paquetage sur le bord du lit : vêtements dans des sacs zippés IKEA (qui ont résisté 2 mois, je les recommande), cartes papier dans un autre sac IKEA, petit matériel électronique dans le casque utilisé comme un panier, trousse de toilette, pochette ventrale autour du ventre, PPC,  etc. On apprend vite à transporter le tout en un seul voyage sans en semer la moitié en route.

8h30 : répartition du paquetage dans les 6 bagages "Bikepacking". Compter une demi-heure ou plus, selon s'il pleut ou non. Remplissage des gourdes. Mise en place de la carte du jour dans sa pochette plastique. Mise en place du téléphone et de la batterie externe dans une pochette plastique.

9h : recherche de l'itinéraire du jour sur Google Maps, mise en place des écouteurs, puis du casque (empêche les écouteurs de tomber dans les rayons, en plus de protéger le cerveau). Pourquoi des écouteurs ? Parce que c'est la seule façon d'entendre les ordres de la dame du GPS dans la circulation.

9h15 : départ. Déterminer où est la direction nord-est par temps pluvieux, ou alors l'avenue du Gal de Gaulle sans plaques de rues. Retourner le GPS dans tous les sens pour lui faire rendre gorge. Partir à droite et comprendre que la dame n'est pas contente. Partir alors à gauche et comprendre que la dame s'apprêtait à vous faire faire un détour d'un km pour vous faire retrouver le bon chemin. Demander son chemin à un piéton.

9h30 : Une fois sur le bon chemin, rouler aussi vite que possible pour rattraper le temps perdu. Par temps sec, jusqu'à midi, par temps humide jusqu'à 11h pour un chocolat chaud aux gouttes aux essences (pour le rhume).

12h : arrêt plat chaud ou sandwich selon les occasions. S'interdire de commander une pression.

13h : reprise du combat. S'il fait très chaud, arrêt Coca pour un sursaut d'énergie.

17h : l'hôtel approche. Redoubler d'attention et vérifier que la dame du GPS n'a pas prévu quelques petits détours supplémentaires au centre ville.

18h : "Votre destination est à 200m sur la droite". Un rêve éveillé ? Non, l'hôtel finit toujours par se concrétiser, avec un petit goût de bière dans la bouche.

18h15 : Valentin est à l'abri dans son garage. Monter dans la chambre, se jeter sur le lit, allumer la télé, regarder n'importe quoi en sirotant.

18h45 : se traîner à la salle de bains, laver la tenue du jour au gel-douche, la mettre à égoutter, se doucher, tordre la petite lessive dans une serviette et l'étendre dans un courant d'air. Mettre la tenue de soirée et les tongs. Mettre en charge la batterie.

19h30 : descendre dîner. Pendant le dîner, étudier l'itinéraire du lendemain à l'aide d'une carte papier et du GPS pour le dénivelé. Vérifier que la carte est bien à l'endroit. Selon le but qu'on pense atteindre, chercher un hôtel ou une chambre d'hôtes. Constater qu'il n'y en a pas. Si la bière a été bonne, décider de rallonger  l'étape, sinon la raccourcir. Réserver la chambre sur Booking
com en vérifiant que vous êtes bien 1 personne et 1 chambre et que c'est bien pour le lendemain. Avec tout ça, il est :

21h00 : Lire les commentaires du blog, se marrer, retrouver goût à la vie, leur répondre. Vos amis attendent la petite narration quotidienne. Il faut remettre tout ça en forme, donner le meilleur de soi-même, faire une peinture où tout est vrai, mais en plus beau, ou plus horrible selon le moral, se requinquer en écrivant, s'écrouler dans le lit sans rêves jusqu'à 7h15...

lundi 28 août 2017

Premier bilan

28 août - Dans le train du retour
Quelle épopée ! J'étais partie pour accomplir un exploit sportif et je reviens avec un parcours inachevé (3200 km au compteur), mais tellement riche !

Le grand point positif de ce voyage aura été un hébergement confortable garanti chaque soir, grâce à Resmed, Alliance Apnées du Sommeil et SAS 40. Incomparable par rapport au camping, quand on considère le poids du matériel et le nombre de jours de pluie que j'ai dû endurer.

Les points à améliorer :

D'abord, je manquais d'entraînement. Vente de maison, vide-maison, déménagement, formalités diverses ne font pas bon ménage avec un entraînement sérieux. J'arrivais à m'entraîner sur une quarantaine de km 2 ou 3 fois par semaine, ce qui n'a rien à voir avec 80 km TOUS LES JOURS.

Ensuite, Valentin était trop lourd dans les côtes. 11 kg tout nu, plus tous les accessoires et bagages, et l'eau : poids estimé 20 kg. C'est beaucoup plus léger que mon précédent vélo avec remorque, mais trop lourd pour un tel défi.

Il était également trop petit pour moi. Un mauvais point pour le vendeur GIANT de Dax, qui a insisté pour me vendre un vélo Femme Small,  alors que la plus grande taille Femme aurait été mieux adaptée. J'avais les genoux dans les bidons, le haut du corps pas assez déployé,  et donc moins de force dans le coup de pédale.

De plus, les nombreuses routes à grande circulation enlèvent tout charme à ce parcours. On se sent traqué, les oreilles brisées menu par ce fracas incessant, qu'on n'imagine pas quand on est bien à l'abri dans une voiture. On n'a qu'une idée : arriver, pour en finir avec cette torture.

Et enfin, la saison des vacances d'été était mal choisie : hôtels complets dans les Vosges, circulation de motos et de voitures incroyable et beaucoup de commerces fermés (cafés, restaurants, alimentation). Tout ça pour avoir finalement un parcours majoritairement pluvieux et froid ! Bon, j'ai quand même échappé à la canicule, ce qui n'est pas négligeable par les temps qui courent...

À bientôt pour la suite des bilans et les idées qui me sont venues pour vaincre les cols !

samedi 26 août 2017

Un regard sur l'apnée du sommeil

J'ai beaucoup aimé cette installation artistique sur le thème de l'apnée du sommeil chez Resmed !

vendredi 25 août 2017

Retour à Lyon

24 août - Ste Croix - Lyon

Quel accueil ! J'ai essuyé un gros orage à l'entrée de Lyon et j'arrive comme un chien mouillé à Saint-Priest.

Et c'est là que l'efficacité des "Resmed" entre en jeu : en moins de 3h, j'ai droit à une douche, un buffet avec toute l'équipe, un billet de train pour rentrer à Léon (merci Florence !),  une valise pour emporter mes bagages, l'organisation du retour de Valentin à Bordeaux en octobre et un taxi pour Lyon !  Avec en prime un petit mot de tout le monde dans mon carnet de route !

Pendant le buffet, les questions fusent. Une jeune Belge nommée Ludwina vient s'asseoir à côté de moi et attaque de front avec une proposition de circuit des abbayes à vélo. Entendons-nous bien, les abbayes qui produisent de la bière. J'adhère !

J'arrive chez Béatrice toute sonnée et soulagée. La tension du voyage s'apaise peu à peu. Une longue soirée-confidences  chez Mary-Chantal, qui habite le même immeuble, et je suis prête pour un sommeil de béton, le premier depuis bien longtemps.

Le blog ne s'arrête pas là ! Il y aura encore quelques bilans pour ne pas se quitter trop abruptement et se réhabituer à la vie dite normale.

Valentin, ma moitié, je ne t'ai pas oublié ! Tu vas te reposer bien à l'abri dans ton local et tu seras à nouveau sous les feux de la rampe à Bordeaux en octobre (JPRS). Gros bisous de ta cavalière qui réapprend à marcher seule sur le plancher des vaches...

En photo : Delphine et Christophe, mes partenaires chez Resmed.

mercredi 23 août 2017

Ça sent l'écurie !

23 août - Jasseron - Ste Croix (Ain)

Routes plates et ennuyeuses, par forte chaleur. Je suis contente d'arriver "Chez Nous". C'est un curieux attelage d'hôtel 2 étoiles un peu vieillot et de restaurant gastronomique, où je me fourvoie avec bonheur. Pas de scrupule, puisque je n'ai mangé qu'un sandwich depuis ce matin. Ils ont un sabayon aux fruits rouges à tomber à la renverse. Avis aux Lyonnais !

La surprise du jour, c'est un coup de fil de Christophe Joigneau, de RESMED. Toute l'équipe de Lyon a suivi de près mon équipée, plantant des drapeaux sur la carte de France au fur et à mesure de mes victoires. Je suis le Napoléon du vélo.

Ils ont bien repéré que j'arrive à Lyon demain et m'attendent de pied ferme à Saint Priest. Christophe propose même de me trouver le train idéal qui acceptera mon meilleur ami Valentin pour Bordeaux, sans passer par Paris, un défi ! Je vous en prie, Christophe, faites donc, car sans mon ordi, je ne suis rien !

En photo : l'équipe RESMED de Lyon.
Bon, je l'ajouterai demain avec des pros. Pas si facile avec un Wiko...

Atterrissage

22 août - Chavagna - Jasseron

Les journées à Chavagna ont passé comme en rêve. Thierry ne se donne aucune contrainte, chacun vaque selon ses désirs. Cueillette de haricots, effeuillage des tomates, arrosage à l'arrosoir, brossage de Pépère le chat, confection de repas de légumes, bavardages joyeux et bienveillants avec les voisins... Je renoue en douceur avec une civilisation sereine et enjouée.

Mais la ville m'appelle. De Lyon je pourrai sûrement rentrer dans les Landes avec Valentin. Cap à l'ouest ! Thierry m'accompagne jusqu'à la ligne haute tension, qui semble être sa barrière psychologique, après m'avoir détaillé amoureusement tout le parcours qui m'attend et qu'il connait par cœur.

Ce qui m'attend, c'est un paysage d'avant la Chute : des petites routes sans voitures et serpentant dans la fraîcheur des forêts et l'air galvanisant des haiuteurs. Mais elles redescendent inéluctablement dans la vallée, après avoir traversé - première fausse note - des nuages de pyrales, ces petits papillons venus d'Asie par Easyjet déterminés à boulotter tous les buis d'Europe. Or, il y a encore des artisans qui travaillent le buis dans le Jura et les Jurassiens sont consternés par le phénomène.

Ensuite, c'est le retour à la réalité. Routes larges et plates appartenant aux voitures, hôtel de bord d'autoroute avec nourriture d'avion et poisson reconstitué, personnel indifférent. Le choc est rude (mais le lit est bon).

En chemin, j'ai rencontré une estvante captivée par mon entreprise. Ses yeux avaient l'éclat caractéristique de celle qui va succomber aux sirènes, alors je me suis éclipsée avant sa contamination...

mardi 22 août 2017

Sirène sur le retour

Les plus affûtés d'entre vous auront remarqué que nous chevauchons maintenant vers l'ouest, Valentin et moi. Oui, nous allons à Lyon au lieu d'aller vers les Alpes. À la recherche d'un train ou d'un bus qui nous prendrait tous les deux vers les Landes retrouver Valentine (la Ford)

Sans vouloir te vexer, Valentin, parce que tu es un courageux destrier, tu es trop lourd et trop chargé pour te lancer là-dedans. On a bien progressé dans nos performances en traversant le Jura, mais il ne reste plus assez de temps.

J'espère que tu n'es pas trop déçu. On a bien souffert, bien ri aussi, nos cœurs se sont émus ensemble, on a découvert plein de choses et de gens. Toutes ces aventures nous ont rapprochés.

Alors j'ai envie de te faire un cadeau, un cadeau qui te donne envie de te dépasser, de t'envoler vers tes rêves les plus fous... Allez, rien que pour toi, mon Valentin !

dimanche 20 août 2017

O mon païs !

18 août - Malbuisson - St Laurent en Grandvaux

La route d'aujourd'hui passe par Mouthe, à qui on fait une réputation injuste de ville la plus glaciale de France. J'apprends que c'est seulement l'humidité qui fait descendre le thermomètre certaines heures de la nuit, mais que le reste du temps, la ville est tout à fait riante. Et en effet, c'est jour de marché, tout le monde s'active sous un joyeux soleil. Il fait 28° à 10h du matin, l'Office de tourisme est ouvert, qui ne souhaiterait habiter ici ?

La route monte toujours, mais nous avons décidé, Valentin et moi, de ne pas nous attendrir sur nous-mêmes et de ne relâcher l'effort que pour boire. Comment ? Valentin boit ?   Oui, il boit ma sueur, pleine de sels minéraux intéressants pour le sport. Au bout d'une heure ou deux, nous sommes pris de l'ivresse de l'altitude, nous nous stimulons mutuellement et nous arrivons en haut tout épatés sans avoir mis pied à terre. Il était temps de devenir des pro.

Il faut dire que le paysage est une carte postale et qu'il n'y a quasiment pas de voiture. Nous traversons plusieurs fois la Sayne. C'est beau. Mon amie Marie-Rose* m'attend à Saint Laurent. Nous chargeons Valentin sur sa voiture. Il était temps : le déluge prévu nous rattrape, trombes, fleuves, éclairs. La voiture est une belle invention dans ces situations.

* Marie-Rose, amie d'internat, de bagne devrais-je dire, a aussi participé à l'épopée "Sirène du Danube". Ça vous soude une équipe.

Le bout du bout du Jura

20 août - Onoz - Chavagna

Avant de quitter Marie-Rose, il nous faut une photo pour immortaliser l'instant. Nous allons donc chez ses voisins Chantal et Robert nous faire tirer le portrait. De question en question, toute ma brève carrière de cycliste est passée en revue. Les yeux de Chantal s'écarquillent, sa bouche s'arrondit. Ça y est, c'est le syndrome de Saint-Floxel, je répands la contamination partout où je passe. Chantal est prête pour un tour de Bourgogne à 3 en 3 jours. Yes !

Me voilà repartie pour une petite étape en direction de Thierry, mon jumeau, exilé volontaire sur les hauteurs de la Petite Montagne, dans un hameau ignoré de tous, heureux comme un roi avec son potager, France Musique/Culture, une solitude choisie et le voisinage de centaines de vaches à cloche. J'ai appris entre temps que les cloches d'un troupeau sont harmonisées
afin d'être agréables à l'oreille, C'est ce qui les rend si relaxantes, je suppose.

L'étape est de la même veine qu'hier. Seule sur les petites routes, je peux zigzaguer, rêver, chanter, pédaler sans effort, discuter avec Valentin. Le temps passe très vite, je ne pense même pas à m'arrêter dans les côtes. Je pédale pour l'éternité...

L'éternité attendra car Thierry a préparé des empanadas fourrées à sa façon : poulet, légumes de son jardin, épices, piment. Un régal !

vendredi 18 août 2017

Un vrai roman

Je mène une double vie.

Vous vous souvenez peut-être de ma rencontre dans la Manche avec François et Charlemagne, qui m'avaient remise sur le droit chemin des plages du débarquement (voir "Parenthèse bucolique" du 22 juillet).

Dès le lendemain,  Charlemagne postait un commentaire sur le blog (dont je ne me souvenais pas lui avoir donné l'adresse) et pour le remercier de son soutien, je lui ai envoyé une photo du voyage.

Et voici le message reçu en retour, in extenso :

Bonjour Chantal,

C'est un vrai grand plaisir pour moi que de recevoir ce petit témoignage de votre part.
Je le partagerai volontiers avec François, Daniel et Patricia.
Daniel et Patricia (chambre d'hôte de Saint Floxel) suivent désormais votre blog et l'apprécient beaucoup.

Il y a en partie derrière chacun de vos "Fans" des refoulés du voyage, qui voudraient bien, mais qui n'ont pas et ne feront jamais le pas de fermer leur porte derrière eux et de s'abandonner à l'aventure. 
Quitter la chaleur et la sécurité de son foyer, pour partir et se dire qu'il y a forcément du bon dans ce que le hasard va mettre sur notre route.

C'est pour cela que je trouve votre aventure merveilleuse, votre courage dépasse de loin mon entendement et je suis ébloui par votre ténacité. 

Vous avez changé le cours de notre existence (si...si), car dorénavant avec François (qui n'a pas d'ordinateur, ni de smartphone), nous faisons salon, je fais la lecture du blog ensuite nous commentons la météo, les inconvénients de telle ou telle situation, en quelque sorte votre aventure alimente notre conversation de bistro... (sans bistro, et sans alcool, car c'est de café que nous étanchons notre débit de paroles).

Nous avons lu votre dernière impression "le morale qui baisse et le froid et l'humidité"... Nous sommes de tout cœur avec vous, et serions si heureux de vous être d'un quelconque soutien.

Chaque jour qui passe, chaque étape franchie force notre respect, hisse chaque jour votre image dans notre livre des records du courage, de l’abnégation (hormis la petite bière du jour), du dépassement de soi.

Ainsi Chantal vous avez semé a Saint Floxel, une graine qui deviendra nous l'espérons une fraternité d'aventuriers amateurs.

En attendant cela, j'ai suivi votre conseil, et me suis procuré le livre des "Copains" ainsi que le film "les Copains de Yves Robert en 1965", avec en toile de fond la chanson de Georges Brassens "les copains d'abord".

Et oui, cet univers, me plaît, moi qui suis un fan des Monty Pythons, un adepte de Boris Vian, et des Pataphysiciens. Tout ce qui relativise la vie, qui la rend plus légère, moins réelle, moins cruelle, a sur moi l'effet d'une bonne bière bien méritée a l'étape du soir.

Chantal nous renouvelons notre amicale embrassade de la semaine passée.

Charlemagne"

Imaginez recevoir une telle lettre au terme d'une horrible journée de pluie avec un vélo sans frein ! J'étais bouleversée.

Une fraternité était née - Les Copains, qui a débouché sur un projet de voyage à vélo entre les 4 protagonistes de départ. Charlemagne au verbe fleuri l'a baptisé PRIAM (Petit Rallye Initiatique Autour de la Manche). Nous sommes en train de le mettre au point pour septembre 2018, avec Charlemagne comme grand coordonnateur (il refuse le titre de chef).

Saint Floxel est la plus belle aventure de ce voyage. Si j'avais le talent, j'en ferais un livre dans le genre du "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates".

Sur la photo, de gauche à droite : François, Daniel,. Charlemagne, Patricia.

Franch' County

Petit intermède lacustre

17 août au soir - Malbuisson

Malbuisson est la Riviera comtoise. Un lac bleu été, quelques hôtels chic, des habitués qui déambulent, une activité incessante. Ce matin, le patron des Montagnards m'a mise en garde dans un grand rire : "Ne vous baignez pas dans le lac, ils ont pêché hier un brochet de 1,30m, c'est les Dents de la mer,  hahaha !"

J'ai dégoté une chambre de bonne dans un 3 étoiles, et c'est là que des tréfonds de ma torpeur, une voix familière à l'accent de l'Aude surgit dans mon téléphone. Jacqueline !

Jacqueline, c'est l'ex-nounou de Noémie au temps de la Haute-Savoie. Elle et son mari Jean-Pierre sillonnent la France en camping-car et voilà qu'ils m'ont repérée juste à temps dans mon cheminement !

On part tous en voiture (vous savez, ces véhicules à 4 roues qui roulent tout seuls)   faire un dîner de poisson au bord du lac. Une joyeuse soirée sans souci à refaire le monde et à séduire le patron. Il m'appelle Chantal, donc je l'appelle Almir, et pour finir, il me fait un massage de la nuque de ses grandes mains chaudes. Rrrraaa ! Tout le monde est jaloux...

À gauche, Jean-Pierre et Jacqueline, à droite,  Jacques et Marie-Christine.

jeudi 17 août 2017

Total Franche-Comté

17 août - Morteau - Malbuisson

Aujourd'hui, pour rejoindre Pontarlier, il y a une route parallèle à la départementale de la mort. C'est la route des Gras. Comment, vous ne connaissez pas Les Gras ? La Madeleine Proust ? Cette vieille Comtoise qui soliloque toute la journée dans sa cuisine en disant des vérités premières. "Quand on voit c'qu'on voit, pis qu'on entend c'qu'on entend, on s'dit qu'y vaut mieux penser c'qu'on pense et pis rien dire".

Bon, il faut l'avouer, Les Gras est un village sans grâce et sans caractère mais après une rude montée, on se retrouve dans les "alpages", et là, c'est l'Eden. Je pense que Dieu a créé le Jura le dimanche, parce qu'il s'ennuyait pendant son jour de repos et qu'il voulait mettre une touche finale parfaite à son monde. Des prés vert printemps parfaitement fauchés, au fond, des sapins, au premier plan, des vaches sonnantes, une petite route qui serpente à l'infini au milieu des collines ondulantes, une maison rustique par-ci par-là. Rien qui offense l'oeil, que de la beauté, du silence et de l'air pur. On n'est pas bien, là ?

Une saucisse en guise de carotte

16 août - Pont de Roide - Morteau
Il fallait bien la perspective d'une saucisse de Morteau pour ne pas se laisser aller au désespoir sur cette étape.
Au début, tout se passe bien. Des descentes succèdent harmonieusement aux montées, il fait beau et frais, la vie est belle. Et soudain, à St Hippolyte, l'horreur. Vous pouvez vérifier le trajet en coupe sur Google Maps. 8 km de montée raide ininterrompue, en plein soleil et au milieu des voitures et camions en folie. Mes chaussures étant mouillées et pas du tout conçues pour la marche, voir ci-dessous l'état de mes pieds. Je claudique comme un pèlerin débutant. Et je ne vous dis pas l'état de mon postérieur, rougi et enflé par les frottements humides. Une misère.
On arrive à Morteau par une descente vertigineuse à l'hôtel des Montagnards, où l'accueil bon enfant vous fait oublier tous vos tracas. J'empapillotte chaque orteil blessé dans un pansement propre, me précipite à La Guimbarde, le bar branché du coin, puis dans un petit restau de cuisine locale, où je me fais servir une saucisse de Morteau à la cancoillotte avec des pommes de terre sautées. AAAaaaaaaahhhh ! Je me sens chez moi...


mardi 15 août 2017

Au bord de l'eau

15 août - Burnhaupt - Pont de Roide (Doubs)

Journée étrange. Tout est encore plus fermé que d'habitude : restaurants, cafés, boulangeries (heureusement pas les hôtels), bref tout ce qui fait la joie du voyageur. Pour un peu, on entrerait dans n'importe quel restaurant rien que parce qu'il est ouvert...

Aujourd'hui, j'ai joué les St François d'Assise. Étant presque toute la journée sur les chemins de halage, j'ai admiré pendant 5 bonnes minutes et pris en photo un ragondin qui me regardait en vaquant à ses affaires, frôlé un héron pas pressé de s'envoler, mitraillé un cygne et des canards posant littéralement pour moi. Aurais-je un fluide ?

L'US Métro serait scandalisé d'apprendre que, fortement encouragée par le GPS, je transforme les difficultés de relief en détours par les rivières et canaux. Enfin, dès demain, la rigolade est terminée, il faut choisir entre 700m et 1000m de dénivelé. J'ai choisi 700.

Bientôt le Jura. Je me réjouis de revoir famille et amis et ma verte campagne.

En photo : le ragondin

Recyclage de cyclistes dans les alpages

Savoir prendre des décisions

14 août - Le Bonhomme - Burnhaupt
Après une nuit blanche ponctuée de feux d'artifice et de retours bruyants des clients à l'hôtel, la solution m'apparaît, lumineuse. Toute la montagne est réservée par les touristes, motards et cyclistes ? C'est en bas qu'il faut aller !
Il faut être réaliste : Valentin et moi, nous jouons dans la catégorie "cheval de trait". Tous les deux, nous en avons soupé de nous faire doubler par les voitures, motos (la plaie des Vosges) et autres vélos ultra-légers. Et puis, passer autant de temps chaque jour à chercher un hébergement, ça n'a pas de sens.
Allez hop, on se tourne dans l'autre sens, on caracole dans la descente, oreilles rabattues et naseaux fumants, et très vite, on se retrouve à Kaysersberg, une petite ville alsacienne de conte de fées. Petites maisons de toutes les couleurs,  encorbellements ouvragés, volets décorés, mignonnes boutiques, souffleurs de verre, la maison du Dr Schweitzer, on se dévisse le cou pour tout voir, au soleil d'été enfin revenu.
Puis c'est l'ancienne route des vins, apparemment réservée aux vélos maintenant car on n'y croise pas un chat. Quel silence ! Quelle paix ! On a bien fait, hein, Valentin ? Pas de réponse, Valentin jouit de tous ses rouages. Brave bête...
De fil en aiguille, après avoir roulé toute la
journée comme des braves, j'arrive au bout de mes gourdes quand apparaît "Chez Anita", un café de village où tout le monde, patronne et clients, fait table commune dehors en devisant de tout et de rien. Je m'installe comme une habituée et deviens le sujet de conversation. Normal, nous sommes tous amis.
J'ai retrouvé la route de l'US Métro après avoir sauté quelques cols. Des illusions sportives perdues, mais le bonheur retrouvé...
Kaysersberg


dimanche 13 août 2017

Au Bonhomme

13 août - Ste Marie aux Mines - Le Bonhomme

13 km, dont 11 de montée, dont 6 sur Valentin. Décidément, mes performances ne sautent pas aux yeux en ce moment. Et je suis arrivée tellement fatiguée qu'il m'a fallu 2 heures de sieste, incrustée profondément dans le matelas.

Percluse de courbatures au réveil, car il m'a été impossible de mettre en pratique le sacro-saint précepte : boire, boire, boire. J'avais de l'eau plein mes gourdes, mais impossible de s'isoler sur ces routes de montagne, avec une pente à 45 % de chaque côté. C'est la malédiction des femmes en voyage, leur obsession ultime, celle qui les fait avancer pour en finir plus vite.

L'autre obsession du moment, c'est de trouver une chambre. Je viens de passer 2 heures en recherche, en vain, et j'attends comme à Ste Marie l'ouverture de l'Office de tourisme demain matin pour me sortir du pétrin. Booking.com a ses limites en weekend de 15 août.

J'ai tellement hâte de recommencer à rouler !

Passé une après midi charmante en compagnie des 2 hôteliers italiens qui m'ont bichonnée : choucroute alsacienne à midi, raviolis italiens le soir, le tout dégusté sous leur sourire attentionné, bercée de chansons italiennes, mandolines et violons, ambiance premier baiser dans un film italien d'après-guerre. Très étrange au Bonhomme...

Ci-dessous : l'hôtel de Ste Marie aux Mines. "Glück auf !" était le vœu de réussite aux mineurs pour trouver un filon.

samedi 12 août 2017

Y'a pas que les casques à pois dans la vie.

Visite de la mine d'argent de Tellure près de Sainte Marie aux Mines - 12 août

Journée du Petit Chaperon rouge

11 août - Natzweiler - Sainte Marie aux Mines (par Villé)

La journée de pause s'est continuée par un déjeuner improvisé, une sieste magistrale et récupératrice, puis par un film que nous avons regardé avec chacun un animal sur les genoux pour nous réchauffer. J'ai trouvé un foyer.

Froid de canard ce matin. J'enfile mes habits de pluie en coupe-vent, mais ne rêve déjà que du prochain chocolat chaud. Je passe le col de Steige sans m'en apercevoir, tellement la pente est douce, déjeune à Villé et pars à l'assaut du prochain col, sauf..  que je ne l'ai jamais trouvé. Le GPS s'acharne à me faire tourner dans la forêt profonde, dans des chemins qui n'existent pas. Angoissant par ce temps noir et humide.

Je retourne en arrière et passe à flanc de montagne. Tout se passe bien jusqu'au moment où ma petite route débouche sur un nouveau bois. Deux hommes me regardent d'un air dubitatif : vous allez où, ma p'tite dame ? Vous êtes seule ? Le plus âgé confirme qu'on peut aller à Ste Marie par là, mais que c'est dangereux, c'est plutôt un chemin pour VTT. À 16h, je n'ai plus vraiment le choix.

Je m'engage à pied, cm par cm dans la pente glissante. Les freins de Valentin
couinent terrifiés. En bas, un ruisseau, et ensuite, mille chemins qui s'entrecroisent. Je suis vaille que vaille le GPS et me retrouve tout étonnée sur une minuscule route qui me ramène en pays civilisé. OUF ! J'aurais aimé moyen passer la nuit ici.

2h plus tard, j'arrive à Sainte Marie à l'hôtel Wistub Aux Mines d'Argent (encore un sujet que je n'aurai pas le temps de creuser). On se croirait en Allemagne. La salle est tapissée de bois, décoration alsacienne, tout le monde parle alsacien et français et on sert de la choucroute ! Un plat pour deux que j'engloutis sans vergogne avec... du vin rouge pour me réchauffer. La meilleure choucroute de ma vie. Au moment de réserver pour le lendemain, je découvre que c'est le long weekend du 15 août et qu'il n'y a rien sur ma route. Un nouveau défi pour aujourd'hui !

jeudi 10 août 2017

Pause météo à Natzweiler

Il pleut des cordes, il fait froid et c'est prévu pour toute la journée. Alors, au souvenir de la descente terrifiante du col du Donon par beau temps, je l'avoue, j'ai craqué et décidé de passer une deuxième nuit ici. Je ne me sens pas l'âme d'une cascadeuse aujourd'hui. On n'est pas des bêtes. Je crois que c'était un signe que je ne puisse pas me connecter hier soir pour réserver un hôtel.

Pendant que mes hôtes sont au travail/en courses, je garde 3 chiens et 3 chats à la maison, dont l'un à des incontinences. Ils chahutent comme des fous toute la journée et font 1000 bêtises à l'heure, de préférence sous les meubles. J'ai l'impression d'être à la tête d'un jardin d'enfants par une journée d'orage.

Ci-dessous une photo des chats qui, eux, sont tranquilles et passent leur temps à dormir ou à se lécher mutuellement. Ils se réveillent quand les chiens s'endorment enfin...

Vosges, nous voilà !

9 août - Baccarat - Natzweiler (sud de Schirmeck)

Il y a une trentaine de km de mise en jambes entre Baccarat et le début de la vraie montée au col du Donon. Au pied de la montagne est niché un petit village nommé Luvigny, où m'attendent de pied ferme Maryse et son mari Milou. Maryse est la sœur de Joëlle, un des 4 piliers du fameux et indestructible Club des  4, dont j'ai parlé au début de "Sirène du Danube". Cela fait un bien fou de voir des têtes amies sur mon chemin de douleurs ! Ils m'offrent un en-cas de pain et fromage (pas question de s'alourdir), on devise gaiement pendant une heure, et je pars vaillamment à l'assaut.

Sur les 5 km de montée, j'en ai fait 3 à pied ! Il faut dire que 300 m de dénivelé sur 5 km, ça fait beaucoup ! Il y avait beaucoup de motards, un adepte du vélo électrique, et quelques cyclistes chevronnés (non chargés). Valentin, dégoûté, ne rêvait que de repartir en marche arrière et j'avais du mal à le pousser. Enfin, cahin caha et SUR VALENTIN, je suis arrivée au col. J'ai trouvé que je méritais bien une tarte aux myrtilles pour accompagner mon Coca d'arrivée.

L'étape de Natzweiler me réserve bien des surprises : des chats, des chiens, des poules, des canards en veux-tu en voilà, et deux hôtes charmants, dont l'un est un artiste incroyable. En 3 ans, il a rénové complètement la maison, la transformant en véritable boîte à trésors. Par exemple, pour entrer dans ma chambre, il faut passer par une première chambre (inoccupée aujourd'hui), ouvrir un placard et entrer dans le placard, comme dans Narnia. Il crée aussi des costumes de Carnaval vénitien, tout en s'occupant de la maison d'hôtes.

Les chats et les chiens font partie de la famille et de la maison, à tel point que la magnifique tarte aux légumes et aux lardons achetée pour mon dîner et posée imprudemment sur une table a disparu prestement pendant que j'avais le dos tourné. Mes hôtes m'invitent donc à manger une pizza et nous voilà à deviser comme de vieux amis autour de la table et d'un verre de rosé.

Nous sommes tout près d'un camp de concentration, le Struthof, particulièrement horrible. C'est là que les nazis faisaient les expériences "médicales" les plus folles - que je ne vous raconterai pas, pour préserver vos nuits...

Je ne sais pas quand je pourrai poster cet article, il n'y a pratiquement pas de réseau ici, Je peux lire vos commentaires, mais pas y répondre, pas non plus préparer mon itinéraire ni réserver d'hôtel. On n'est pas sorti de l'auberge !

mardi 8 août 2017

De Pont-à-Mousson à Baccarat

8 août - Pont à Mousson - Baccarat

Pluie. Beurk ! Quand il pleut, j'ai l'impression de partir à la guerre. Surtout si le GPS m'emmène directement sur des chemins caillouteux et boueux, avec un petit détour par une zone de sables mouvants (si, si, véridique).

Toutes sortes de paysages se téléscopent, principalement au bord de la Meurthe ou d'un canal. À l'approche de Nancy, un paysage industriel des portes de l'enfer : les Salins du Midi suivis de Solvay. Bruit, fureur,  poussière. Fuyons. À Nancy, heureusement, tout devient plus riant. Le canal s'agrémente de petits bateaux de plaisance, et de soleil.

Dans l'après midi, je vois annoncée, dans les méandres d'une immense zone commerciale, l'existence d'un magasin de cycles/réparateur ! Valentin, on va s'occuper de toi ! Vite, sautons sur cette occasion rarissime !

Une mention spéciale pour Vélo Land Lunéville. Dès que le vendeur a été libéré de ses acheteurs de vélo électrique, il s'est occupé (à 17h !) de Valentin, avec rapidité et compétence, raccourcissant les câbles de frein par ci, reculant la selle par là, huilant la chaîne et les parties vitales,  rééquilibrant les sacoches. Hop hop hop, Valentin en était tout étourdi et ravi. C'est la fin de la journée, on m'offre un café, on me fait un prix comme participation au voyage. N'en jetez plus, les amis, cela me réchauffe la journée ! Avec tout ça, une ambiance bon enfant et blagueuse qui vous requinque le moral : les 25 derniers km, avec la ligne bleue des Vosges ensoleillée à l'horizon, passent comme une lettre à la poste.

Demain le premier col, le col du Donon !

lundi 7 août 2017

Vacances à Pont-à-Mousson

Ah ! Comme c'est bon d'avoir du temps et de se sentir vivre dans un bel endroit !

J'ai pu échanger frénétiquement avec Charlemagne, faire toutes mes lessives, y compris celle de mes chaussures (à la brosse à cheveux et au shampooing), sécher le tout au soleil sur ma fenêtre, me nourrir de fruits pour changer des frites, calculer mon itinéraire de demain, réserver un hôtel à Baccarat, faire une petite sieste, me faire couper les cheveux, boire une bière, manger des pieds de cochon et rentrer à l'abbaye. Il suffit de passer le pont...

Une sombre histoire de l'abbaye : un jeune abbé, Daniel Picard, avait entrepris de rétablir la discipline de l'abbaye. Ses efforts sont vains, et les religieux décident de l'empoisonner en lui servant une soupe aux araignées. Il meurt paralysé en 1600.

Suite PàM

Jardin du cloître

Suite PàM

L'escalier qui monte aux chambres !

Abbaye des Prémontrés - Pont-à-Mousson

Vue de ma chambre (je ne peux pas mettre plus d'une photo à la fois !). On voit la Moselle entre les arbres.

Paix, silence et repos

6 août - Étain - Pont-à-Mousson

Après une journée de montées et descentes, voici Pont-à-Mousson. Pour moi, Pont à Mousson, ce n'était que les plaques d'égout en fonte et les Mussipontains, et voilà que je découvre une petite ville tranquille et ensoleillée, allongée voluptueusement au bord de la Moselle toute bleue, où passent les teuf-teuf assourdis des bateaux.

Et puis l'Abbaye des Prémontrés, où je dors ce soir. Immense, une ville dans la ville. Il n'y a plus de Prémontrés ici depuis la Révolution et l'Abbaye a été détruite pendant la guerre, puis reconstruite et transformée en centre culturel et en hôtel (luxueux). Il y a tellement de beauté et d'harmonie dans ce lieu que je sais tout de suite que je vais m'y arrêter. Jardins immenses au bord de la Moselle, exposition de peinture, église, réfectoire, escaliers, silence, tout est magnifique et donne envie de déambuler en rêvant.

J'apprends en lisant les panneaux que les Prémontrés existent toujours, notamment à Leffe et à Grimbergen et que leur devise est : "Prêts à toute œuvre pour le bien". La bière en est une, c'est évident.

D'ailleurs, ce soir, je vais célébrer mes retrouvailles avec Rose-Marie et Joss, qui habitent la région et qui ont fait 210 km pour me voir !!! Quand on pense qu'ils habitent près de Launois sur Vence où je suis passée il y a 3 jours ! Il eût suffi que je le susse...

dimanche 6 août 2017

Mes écailles ont un reflet d'étain

5 août - Stenay - Etain

À Stenay, mon hôtesse, Lisa, est complètement atypique. Elle a 74 ans, a fait 1000 métiers artistiques dans 1000 pays, et maintenant, elle fait de la danse baroque pour son plaisir. Elle vit dans cette magnifique maison du XVIIIe avec 2 orgues, 2 pianos, 2 épinettes, pour que les musiciens de passage puissent se faire des mini-concerts, auxquels elle invite ses voisins. Pas de musicien aujourd'hui, dommage...

Nous papotons toute la matinée sur la vie en général, et en particulier sur l'impérieuse nécessité de trouver sa voie selon ses talents et ses goûts et de s'y tenir.

C'est pas le tout, mais il est presque midi quand je me mets en route. Heureusement, la route est quasiment plate et j'arrive à Étain dans les temps. Je n'ai pas mis longtemps à choisir mon hôtel, il n'y en a qu'un : l'hôtel de la Sirène ! Elle est pas belle, la vie ?

Je demande pourquoi ce nom. Ils ne savent pas. C'est un hôtel très ancien, avec beaucoup de charme. Étain vient probablement d'etang, il y en a beaucoup dans le coin. Une sirène d'étang, il faut de tout pour faire un monde aquatique...


samedi 5 août 2017

Vous prendrez bien un p'tit accordéon ?

4 août - Launois sur Vence - Stenay

La matinée se passe à vaincre haut la main les "crêtes ardennaises", une succession de côtes et de descentes pentues, mais assez courtes, genre Stracciatella de Carte d'Or. J'ai développé une technique imparable : sitôt arrivée en haut de la côte, je passe en 3eme plateau, je descends à toute allure, puis sur ma lancée, 2eme puis 1er plateau, puis si nécessaire, je descends tous les pignons du 1er plateau et je suis arrivée en haut !

À ne pratiquer que par temps sec, sur un bon revêtement et sur une route sans virage, évidemment.

L'après midi, c'est une autre chanson. Les côtes sont interminables et il y a beaucoup de virages. Cette région est très spéciale : dans les régions normales, les routes sont dans les vallées ou à flanc de colline. Ici, elles prennent chaque pli de terrain TRANSVERSALE MENT.

Bref, je monte beaucoup à pied, et passe notamment à côté du Ravin aux morts, où un grand nombre de Français se sont fait bombarder en mai 1940.

Je redescends à toute allure vers mon rendez-vous avec Sarah pour un verre pépère sur le port de Stenay au soleil couchant, puis un dîner fin au-delà de Montmédy. Je n'étais pas montée en voiture depuis St Floxel et un petit 60 km/h me terrifie. Comme on change vite de rythme !

Belle journée

3 août - Fourmies - Launois sur Vence
La bienfaisante atmosphère de la Maison Magdala continue au matin. J'ai ma crêpe aux œufs comme promis sous les yeux éberlués des autres clients qui n'y ont pas droit. Nous écoutons tomber la pluie sur la véranda en devisant joyeusement. La conversation tourne sur mon périple et quand mon hôtesse apprend que je ne trouve personne pour s'occuper de Valentin, elle se précipite sur son téléphone pour appeler LE réparateur du coin. Et voilà, comme c'est simple quand on a des relations !
J'apprends que les problèmes de Valentin sous la pluie étaient dûs à l'huile de la chaîne qui avait coulé sur la jante. Mouais... J'ai vu le réparateur huiler la chaîne, il avait vraiment eu la main légère et bien essuyé le tout avec un chiffon. Donc voilà pourquoi Valentin couine, il est tout rouillé. Maman va s'occuper de toi !
En attendant, le freinage est réglé à neuf et ma poignée gauche qui me cisaillait la main remise dans la bonne position. Quelques douleurs en moins en perspective...
Ma journée est variée : une perdition en forêt, une rencontre avec la ligne Maginot, une autre avec 2 biches, des montées et descentes à l'infini sur la petite route de campagne parfaite, au soleil et sans voiture. Des vaches et leur veau sont vautrés dans l'herbe grasse, d'adorables chapelles miniature parsement la verdure.
C'est le bonheur...


jeudi 3 août 2017

Val de Sambre (encore le Nord)

2 août - Jolimetz - Fourmies

Ça recommence à monter et descendre. Le temps est gris et mou, la pression doit être basse. Je n'ai plus de jus et Valentin non plus. Il ne s'est pas remis de ses journées de pluie et je ne trouve pas de réparateur pour lui redonner du peps. Quand il y en a, ils ne sont pas sur ma route et/ou ils partent en vacances.

La région est vraiment déshéritée. Les maisons peu ou pas entretenues s'alignent tristement au bord de la route. Pas de centre ville.  Pas d'hôtel non plus. La palme revient à Fourmies. Etirée comme un chewing-gum sans queue ni tête, le centre donne juste envie de s'enfuir.

Ça tombe bien, ma maison d'hôtes se trouve loin du centre, à la campagne. Et là, comme pour effacer la journée, je suis reçue à bras ouverts en amie de la famille par un couple dynamique. On m'aide à porter mon paquetage dans ma chambre, on me fait visiter la maison, on m'invite à m'asseoir dans la cuisine pour papoter.  Comme c'est bon !

Est-ce qu'une part de tarte me ferait plaisir ? Oui ! Et pour le petit déjeuner : des œufs ? Des crêpes ? Ah, ben, des œufs dans des crêpes, alors !

Je monte me coucher "à la maison"...
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mercredi 2 août 2017

La Grande Punition de Valenciennes

1er août - Carvin - Jolimetz

Une longue étape, alors je fonce de toutes mes gambettes musclées. Tout roule, j'ai fait 40 km à la mi-journée. À un carrefour pas clair, j'avise une dame un peu branlante qui me lance tout sourires : c'est en quel honneur, cette élégance ? Elle parle de mon casque à pois, qui fait toujours son petit effet.

Nous partons bras dessus bras dessous vers la pizzeria, qui est en fait juste un camion et elle me raconte sa vie. Elle a élevé une douzaine d'enfants en famille d'accueil, dont un depuis l'âge d'une semaine, elle a eu un accident et maintenant elle a un cancer. Elle a les larmes aux yeux, alors je la serre dans mes bras. Arrive son quasi fils, un grand gaillard de 18 ans, qui ne la regarde même pas et commande une pizza. Elle me regarde d'un air désolé. C'est poignant.

Le camion ne fait pas mon affaire. Il faut que je me pose. Dans une vraie pizzeria, je fais tamponner mon carnet et m'attire un flot de questions passionnées des clients, je dois tout expliquer de À à Z et mange ma pizza froide. Mais quel bonheur d'échanger !

Dans l'après-midi, je roule sur une piste cyclable dans un rond-point, quand mon GPS m'ordonne de tourner à gauche. À cet endroit, ce n'est pas possible. Bah ! Je tournerai plus tard... Grand silence fâché du GPS et je me retrouve un peu plus tard... sur une autoroute ! Par bonheur, il y a une petite sortie très confidentielle 500 m plus loin. Je m'échappe sous les huées des automobilistes.

C'est le début d'une longue saga de traversées de forêts, de chemins de caillasses dans les champs, de routes pavées, d'un petit tunnel haut comme mon casque et large comme Valentin, mais surtout la traversée de Valenciennes, dont je peux me vanter maintenant de connaître toutes les banlieues. Le GPS exige que je passe une passerelle, or personne ne connaît de passerelle dans le coin. Normal, il n'y en a pas. C'est une route normale qui passe au-dessus de l'autoroute. Il fallait juste le savoir.

La journée se termine dans une chambre d'hôtes aussi insipide que les autres (à part quelques exceptions déjà célébrées). Bien pratiques en rase campagne, et moins chères que les hôtels, mais on n'a aucun échange avec les clients, qui viennent consommer du tourisme bon marché, ni avec les hôtes, bien trop occupés à encaisser la monnaie.

Je m'endors devant la télé sans avoir pu parler avec quiconque...

mardi 1 août 2017

Chouffe Marcel !

Je ne peux pas répondre à tous vos messages de cette nuit, mais ils me réjouissent le cœur ! Voilà une autre vertu de la bière : elle rend vos amis amis entre eux. Et je rêve du jour où nous pourrions tous nous réunir au centre de la France, pour un gigantesque festin de sanglier arrosé de tonneaux de cervoise (désolée pour Noémie (New York) et Jean du Québec, le trajet sera plus long pour eux).

La seule condition serait d'avoir contribué au moins une fois au blog. Et à propos, quelqu'un sait-il où est passé Nicolas ? Le sujet devrait l'intéresser...

Maintenant, la ligue anti-alcool ne comprend plus que Christophe, mais  c'est mon coach en machine à respirer, alors je lui pardonne. La bière n'a pas d'effet notable sur ma respiration, mais le camembert et le Maroilles, si ! Il était temps que je quitte la Normandie et le Nord !

lundi 31 juillet 2017

Il se passe toujours quelque chose en voyage

31 juillet - Bergues - Carvin

Le Beffroi de Bergues, celui qu'on voit dans Bienvenue chez les Ch'tis. Je m'étais promis d'assister au concert de carillon du lundi à midi, mais cela m'aurait fait perdre la matinée. J'ai donc sacrifié à mon devoir : rouler. 

Bergues est une très jolie ville, de taille humaine, détruite pendant la guerre, mais tellement bien reconstruite à l'identique (en briques) qu'on ne s'en rend même pas compte.

Aujourd'hui, tandis que je déjeunais tranquillement à la terrasse d'un café à Steenvoorde, je remarque un panneau : "Bravo à Iris, Miss Univers". Eh oui, Miss Univers 2017 est originaire de ce village ! Le genre d'événement minuscule qui vous remplit une journée de voyage solitaire.

En fin d'après midi, retrouvé avec ravissement l'ambiance Danube en roulant pendant 20km sur une piste longeant un canal parcouru par des péniches. Nostalgie...

dimanche 30 juillet 2017

Une apparition !

30 juillet - Sangatte - Bergues

Oui, c'est bien le nom d'une commune traversée ce matin ! Si les bonnes dispositions de mon téléphone se confirment, je vous envoie demain la photo du Beffroi de Bergues, le point le plus septentrional de mon voyage, où je dors ce soir...

Pluies entrecoupées d'averses

29 juillet - Etaples - Sangatte

Journée de souffrance et d'expiation. La phrase célèbre d'Albert Simon, météorologue des années 60, s'applique parfaitement au climat du jour. Averses géantes suivies d'heures de pluie pénétrante.

Enfin, il faut faire avec, alors je chante, je hurle plutôt "I got my mind set on you, I got my mind set on you !" La nature s'en fiche, mais ça me fait du bien. La nature est très belle aujourd'hui, car la lumière est blanche et met les contours en valeur (je passe les 2 Caps, le Gris-Nez et le Blanc-Nez).

Tout se passe normalement (pour la région) quand je découvre à l'occasion d'une grande descente... que je n'ai plus de freins, à cause de la pluie ! Terrifiant. Plus je freine, plus j'accélere ! Je me résigne à me casser la figure sur le bas-côté herbeux, passe dans un million de creux et de bosses à toute allure et finis par m'arrêter sans tomber ! Pfui...

Donc finies les descentes. Ça ne nous avance pas trop, mais mieux vaut arriver vivante. À Sangatte (heureusement les derniers km sont plats), l'hôtel très ch'ti du Deltaplane m'accueille chaleureusement. Enfin, sans chauffage, faut pas rêver. Il y a un sèche linge pour les vêtements, mais pas de solution pour les chaussures, à part les vieux journaux. Ce matin, elles sont encore mouillées et froides. Je ne suis donc pas pressée de repartir.

vendredi 28 juillet 2017

Soirée magie-hypnose

28 juillet - Le Tréport - Etaples

Le pédalage est devenu ma seconde nature, mais c'est ennuyeux à raconter.

J'ai trouvé l'hôtel de mes rêves à Etaples : 49 €, dans une rue calme à 2 pas du centre trépidant, en face d'un Bistrot Gourmand, tauliere charmante, chambre en rez-de-chaussée sur courette avec Valentin installé sous un auvent à ma porte. J'ai même un radiateur qui marche pour sécher ma lessive, c'est l'extase...

En face, au Bistrot Gourmand, c'est soirée  magie-hypnose. Je suis impatiente comme un enfant. Pour l'instant, c'est un crooner au piano, pendant que le barman secoue son shaker et que le cuistot émince ses ingrédients​.

Aîe aîe aîe ! Voilà que le crooner égrene tous les succès de mes 20 ans : Blowin' in thé wind (yes, and how many years...), Angels, Angels... Je sens que je vais pleurer dans ma bière.

Je vous raconte la suite demain.

Pépites de la route

27 juillet - Veulettes sur Mer. - Dieppe - Le Tréport

Arrêt dans un café de St Valéry en Caux pour le coup de tampon dans mon carnet. Pas de BFMTV. Grand calme. Juste une musique religieuse céleste.
Moi :  c'est France Musique ? Le patron : oui, ça me calme ( en effet, il ne tient pas en place). Il me pose des questions sur mon voyage, s'émerveille, me parle d'Alexandra David Neel, d'Ella Maillard, d'Isabelle Eberhard, il connaît Constanta en Roumanie, veut tout savoir sur l'Eurovélo 6. Je suis sûre qu'il va le faire un jour !
Les clients sont tous sur la terrasse...

Un peu plus loin, je remarque une affichette collée sur une vitre : "À donner - Adorables chatons". Derrière, le rideau est en lambeaux. Et ça me fait rire, mais rire !

Dans l'après midi, fracassée par la route, je vois des grands parasols attirants : c'est un magasin de bières phénomenal. Ils en vendent entre 6 et 700 marques différentes  (dont ma Chouffe adorée que je ne trouve jamais quand je la cherche) ! Et je ne peux pas en boire, je suis loin de l'arrivée ! La guigne...
Ça s'appelle "Absolument Bières" et c'est à Biville-sur-Mer...

jeudi 27 juillet 2017

La pluie n'arrête pas le pèlerin

26 juillet -  Pont de Normandie - Veulettes-sur-Mer

... mais le pèlerin voudrait un feu dans la cheminée pour sécher ses godillots...

Aujourd'hui, j'ai fait 95 km sous la pluie, dont 60 utiles environ. Mauvais choix de départ : j'ai pris le pont de Normandie (GPS), alors que le pont de Tancarville (US Métro) aurait été plus judicieux. Bref, à midi, j'étais encore à 15 km à vol d'oiseau de mon point de départ et prête à piétiner mon téléphone dans une flaque.

La journée du cycliste sous la pluie se compose essentiellement de pédalage intensif pour ne pas se refroidir, et d'arrêts dans les bars pour des thés et chocolats chauds pour se réchauffer (le café est moins cher, mais trop petit).

Le paysage ? On ne le voit pas, on cherche juste à distinguer la route entre les gouttes sur les lunettes. J'aurais aussi bien pu traverser la Sibérie. Les freins marchent moins bien aussi. Aller vite  tout en restant prudent, voilà le dilemne.

À l'arrivée, double dose de gouttes aux essences, douche brûlante, recherche d'une solution pour sécher mes chaussures sans chauffage. Le patron m'assure que le vent les séchera sans problème et refuse de mettre du papier journal dedans. Je vais peut-être rouler avec de la paille dans mes sabots ?

NB : j'ai commis un péché véniel aujourd'hui : j'ai zappé le détour par Etretat. Vu les circonstances et vu qu'elle est à Lyon, j'espère que Delphine me pardonnera...

Une petite note réjouissante pour finir : sur un panneau destiné aux clients dans ma chambre ce matin, la traduction de "taxe de séjour 0,75 € par personne" : 0,75 € by nobody". J'adore.

mardi 25 juillet 2017

Tournicoti, tournicotons

25 juillet - Lion-sur-Mer - Fatouville- Grestain (après Honfleur et avant le pont de Tancarville)

Soleil toute la journée !

J'ai eu du mal à le croire, mais la batterie externe achetée samedi est morte ! J'ai donc galéré toute la journée sans GPS, essayant d'obtenir des directions plus ou moins fuligineuses des passants. Sans compter mes propres erreurs, bien entendu... Bref, une journée à tourner en rond dans la semoule. Jusqu'à ce que je déniche un magasin providentiel dans une zone improbable, qui m'a vendu ma 3eme batterie du voyage. Je m'accroche !

Égarée dans Trouville, une enclave parisienne en Normandie. J'y faisais vraiment tache avec mon gilet fluo tout crasseux...

Honfleur est bien belle par temps ensoleillé. J'ai eu le temps d'admirer, pendant que mon téléphone se chargeait dans un café secourable (en échange de 2 Coca tout de même).

PS : Ma maison de Léon a été vendue aujourd'hui. Irruption de la réalité dans mon monde parallèle !

Morne plaine

24 juillet - Carentan - Lion-sur-Mer

Ciel gris foncé et bas, temps frais, vent omniprésent, touristes rares et hébétés. Heureusement que je suis là pour faire tourner l'économie. Les kilomètres défilent à toute allure,  ponctués de sites du débarquement et de cimetières.

Le petit hôtel où j'ai réservé est coquet et me remonte le moral. Le restaurant, lui, offre royalement des crêpes sorties du paquet fourrées d'un truc innommable. Comment osent-ils ?

On n'a pas tous les jours une Auberge Normande sous la main...

dimanche 23 juillet 2017

Arrêt météo, mais pas que

23 juillet - Carentan

La météo indiquait 100 % de risque de pluie pour aujourd'hui. Je n'ai donc pas hésité à poser mon paquetage à l'Auberge Normande pour une nuit supplémentaire. Or, pas une goutte n'est tombée de la journée ! Tout le monde semble dérouté par le ciel, les natifs comme les professionnels...

J'en ai profité pour recharger les batteries, celles du corps et celles de mes appareils, et pour faire une lessive totale grâce aux 2 radiateurs de ma chambre. Même mes semelles malodorantes y sont passées.

Or donc, ce matin, je me suis décidée à faire du TOURISME, oui madame ! Le nom d'un musée du débarquement m'interpelait : "Dead Man's Corner". Encore une élucubration destinée à attirer le chaland ? Non, une histoire vraie : à l'intersection de 2 routes, une maison où les Allemands soignaient les blessés, un tank américain arrêté par les Allemands avec un soldat américain mort resté 4 jours sur la tourelle, les alliés étant trop occupés à libérer la région.

Au milieu de nombreuses reconstitutions, on est appelé à un briefing très réaliste,
comme si on allait monter dans un avion du débarquement. L'officier nous détaille notre matériel. Pour appeler nos compagnons dans la nuit et le brouillard, nous avons un criquet. Nous devons le cliquer une fois et la réponse doit être 2 fois. Sinon, on tue. Si nous avons perdu le précieux objet, il y a un mot de passe dont la réponse est Welcome. Si on entend Velcome, on tue, car les Allemands ne peuvent pas le prononcer correctement. Pour cela, on a un grand couteau le long de la jambe, le petit étant destiné à se dégager du parachute.

Ensuite, on monte dans l'avion. On fait le voyage bruyant et agité, en regardant le paysage par les hublots. On est accueilli par des tirs et des bombes, on voit les autres avions se faire descendre, le nôtre prend une grande explosion et se pose en flammes. On est tout tremblant mais vivant, et on se dit que les choses ne font que commencer.

Il y a eu 80% de morts, blessés, prisonniers ou disparus le 6 juin 1944.

NB : à l'Auberge Normande, on mange divinement et pour un prix très raisonnable. Vive la Normandie ! Après-midi ensoleillée...

samedi 22 juillet 2017

Parenthèse bucolique

Il y a des épopées qui me font vraiment aimer les voyages. Je voyais depuis plusieurs jours s'éteindre la flamme de mon chargeur de portable. Et sans chargeur, point de GPS, de blog, de téléphone, etc. Un voyage à l'ancienne, quoi. Vu mes aptitudes légendaires à l'orientation, il devenait urgent d'investir. Mon hôte me propose de m'emmener en voiture au supermarché en acheter un (qui sera donc non  chargé jusqu'à demain matin).

Et pour me mettre sur la bonne route, celle des plages du débarquement, il a une solution : partir à la recherche de ses deux amis de vélo : François et Charlemagne. Charlemagne ? C'est chouette comme surnom ! Non, non, c'est son prénom, il n'y en a que 2 en France, paraît-il ! Ils sont justement prêts à partir faire leur petite balade et nous voilà embarqués à une allure de sénateurs sur les petites routes normandes comme 3 écoliers en goguette, amis dès la première seconde.

François, environ 75 ans, truculent, a toujours une bonne histoire​ à raconter. C'est le Don Quichotte de l'équipe. Une énorme averse : nous nous réfugions dans un abri de bus pour deviser joyeusement. Charlemagne, plus discret, en connaît un rayon sur l'histoire du pays, et du débarquement en particulier. Nous longeons un château bombardé par les alliés, dont le mur d'enceinte mesure des km. C'était le siège de l'organisation Todt dans la région. Les chàtelains (leurs descendants) vivent dans une dépendance depuis - mais j'ai oublié leur nom.

On ne se quitterait plus, mais mes nouveaux​ amis doivent rentrer et j'ai une longue étape. Ils me mettent sur la route d'Utah Beach et s'en retournent à St Floxel après de chaleureuses embrassades.

En fait de longue étape, la pluie a eu raison de moi au bout de 2 heures. Les vêtements mouillés plaqués au corps produisent très vite une sensation de froid et de rhume imminent. Où es-tu, ô ma Normandie d'il y a 2 ans ? Une petite averse, des heures de soleil, c'était le bon temps. Maintenant, c'est 10 mn de soleil dans une demi-journée de grosse pluie. 
Dans la grisaille dégoulinante apparaît soudain une Auberge Normande illuminée, pleine de joyeux convives. C'en est trop : il reste une chambre, elle est pour moi !

vendredi 21 juillet 2017

2 étapes cotentines

20 juillet - Beauchamps - Barneville-Carteret

Pluie, puis soleil : ça c'est la Normandie. En chemin, je me rachète un fil de connexion téléphone-batterie. C'est fou comme les choses s'abîment vite en voyage. Et je roule plus de 80 km dans la journée. Ma motivation ? Arriver à temps pour le dîner à l'hôtel. Et ça a marché ! Gràce aussi au vent arrière et aux nombreuses pistes cyclables.

21 juillet - Barneville-Carteret - Saint-Floxel (en passant par Cherbourg !)

La Manche est traîtresse : elle vous a un petit air de dessin d'enfant bonnard, on croit qu'elle est plate parce qu'il y a des côtes partout. Que nenni ! L'intérieur est diabolique, tout autant que la Bretagne. J'ai passé la matinée (avec vent arrière) et l'après midi (avec vent debout et soleil de face) à me battre contre montées et descentes pimentées de rafales.

L'étape arrive à point : c'est un ancien relais de poste à côté d'une rivière. L'hôtesse m'explique que le pont a été construit pour permettre à Louis XVI d'aller à Cherbourg inspecter les fortifications de Vauban. Qui sait, il a peut-être dormi dans ma chambre ? Le pont a été dessiné sur la chaux dans l'atelier, pour les ouvriers qui ne savaient pas lire. J'adore toutes ces histoires qui nous font ressentir nos racines !

Allez, demain commence le vrai plat, et pour un bon moment !

jeudi 20 juillet 2017

La joie venait toujours après la peine

19 juillet - Cancale - Beauchamps (Normandie)

Vite, fuyons le bunker à vitraux !
Mais il fait tout gris !
M'en fiche, à partir d'aujourd'hui, c'est tout plat !
Mais il y a du vent !
Peu me chaut, il me poussera...

Et effectivement, la journée se passe comme en rêve. Le GPS me guide harmonieusement sur les petites routes de l'arrière-pays de la baie du Mont St Michel. Je fais près de 90 km sans souffrance, avec petite pluie vite séchée par petit soleil.

J'arrive dans la chambre d'hôtes, une grande et belle maison de famille avec beau jardin fleuri. Le propriétaire, un peu maniéré mais charmant, me montre ma chambre, un boudoir ambiance Marie-Antoinette très raffiné, dans les gris et taupe. Puis il m'emmène dans le local de Valentin, dont j'aurai la clef.

Devant mon air épuisé, il me propose d'aller me chercher en voiture la pizza
de mon choix. Avec une bière ? Pas de problème. Je l'attends dans le salon après la douche, et voilà qu'il revient avec un plateau grand style, la pizza sur une grande assiette, la bière glacée et son verre, une carafe d'eau et son verre et, cherry on the cake, une tartelette posée sur un napperon ! Cet homme est un ange ! Il allume la télévision et s'éclipse discrètement.

Mais le summum arrive au petit déjeuner. Je n'étais pas préparée à cette vision. C'est comme avoir 6 ans et entrer dans le salon au matin du 25 décembre. Des guirlandes lumineuses élégamment disposées autour de bouquets, de vases, des vitrines illuminées contenant... des figurines de héros de Walt Disney. C'est totalement kitsch, mais totalement assumé. J'adore. Le petit déjeuner est à l'avenant, raffiné, frais, délicat.

Mais la pluie s'est arrêtée, il faut partir, hélas.

mercredi 19 juillet 2017

La géhenne

18 juillet - Pléneuf Val André - Cancale

Il y a deux choses que redoute principalement le cycliste : la pluie et la crevaison. Eh bien, j'ai eu les deux aujourd'hui ! Au moment où commencent à tomber les premières grosses gouttes d'orage, je sens vaciller l'arrière train de Valentin. Non, pas possible ! Ses magnifiques pneus anti-crevaison ! Au secours, Pierrick ! (La Bicyclette, à Lit et Mixe).

Heureusement, une cave d'immeuble ouverte me tend les bras. Je desserre le frein, démonte le pneu (les leçons n'ont pas été inutiles), mais je cale pour sortir la roue. Je file sous la pluie sonner à une porte. Un jeune homme m'accueille en me disant qu'il termine sa pause déjeuner dans 10 mn, mais qu'il veut bien m'aider à sortir la roue. Puis avec un autre jeune guère plus doué que moi, nous remontons le tout vaille que vaille, mais il me conseille d'aller faire vérifier le travail par le garage un peu plus loin, qui m'envoie vers le magasin de motoculture de l'autre côté, tout ça sous la pluie et sur une route à grande circulation.

Le vendeur motoculture, un homme agréable avec ses clients habituels, est particulièrement chafouin avec moi. Il me fait attendre sous la pluie et ne voit pas ce que je viens faire ici. Selon lui, tout est très bien, alors que le frein n'est pas remis en place et que le pneu à besoin d'un coup de gonflette.

Pour terminer la journée en beauté, j'arrive 3 h plus tard à la chambre d'hôtes du jour, une forteresse prétentieuse et nouveau riche des années 60 : portail monumental tout électronique, moquette
aux murs, vitraux aux initiales des propriétaires, bibelots et "tableaux" à hurler, tout est affreux, et surtout l'accueil, froid et anonyme. On est là pour l'argent, pas pour les échanges. Même pas de local pour Valentin qui finira par terre, renversé par le vent. J'ai plus sommeil que faim et je me couche sans dîner (pas d'huîtres à Cancale !), vaincue par les événements. Demain ne pourra qu'être meilleur...

mardi 18 juillet 2017

17 juillet - Lézardrieux - Pléneuf Val André

Une longue étape m'attend. J'ai prévu, dans ma grande innocence, de faire le tour de la baie de St Brieuc par la route des cyclistes. Mais le mauvais sort s'en mêle et je fais fausse route sur fausse route, m'égare dans les collines abruptes, à devenir folle. Entre le choix de la route à très grande circulation - directe - et les petites routes tranquilles, plus aléatoires, je choisis toujours la mauvaise solution.

Je fais le dos carré, je m'accroche au bitume, car ma chambre est réservée très loin et il faut arriver avant 20h. Vas-y Coco ! J'ai le  temps de méditer au passage sur quelques panneaux étonnants : " Course de radeaux" ou un arrêt de bus nommé "Dernier sou".

Un million de km plus loin, j'arrive enfin à destination, pour découvrir que le motel n'a pas de réception et qu'il faut aller 500m plus loin chercher les clefs. 500m, ça n'a l'air de rien, mais c'est 1 km de plus, juste pour pouvoir enfin entrer dans sa chambre. Rien ne me sera épargné. Aussi, quand la réceptionniste me demande d'un air suave si je prendrai le. petit déjeuner demain, j'envoie paître la vieille chouette.

Je m'achète tout ce qu'il faut pour un dîner devant... BFMTV célébrant Macron et je savoure une grande bière glacée en l'honneur de ce calvaire. Mais où est le masseur ?